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18/05/2015 08:32 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Chine: procès de 3 policiers impliqués dans la mort d'une ouvrière migrante

Trois policiers chinois étaient jugés à partir de lundi pour la mort d'une ouvrière migrante qu'ils sont accusés d'avoir brutalisée, une affaire qui avait déclenché une tempête de réactions outrées dénonçant les abus de pouvoir des autorités.

Mme Zhou Xiuyun, 47 ans, s'était déplacée en décembre avec son mari sur un chantier de la ville de Taiyuan (nord) pour exiger le versement de paiements en retard au bénéfice de son fils.

Les forces de l'ordre étaient brutalement intervenues, saisissant la femme par le cou et la plaquant au sol, tandis que son mari et son fils étaient passés à tabac, avaient rapporté des médias locaux. Mme Zhou était décédée le lendemain.

La diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo amateur, qui montrait le policier Wang Wenjun maintenant Mme Zhou au sol en piétinant ses cheveux, avait enflammé l'indignation du public.

Le procès de M. Wang, inculpé pour abus de pouvoir et blessures volontaires, s'est ouvert lundi devant un tribunal de Taiyuan, a annoncé celui-ci sur son site internet.

Il doit se dérouler sur six jours, a précisé de son côté l'agence officielle Chine nouvelle, une durée exceptionnellement longue dans un pays où les verdicts, contrôlés par le pouvoir politique, sont de façon routinière décidés à l'avance.

Deux collègues policiers de M. Wang, Guo Tiewei et Ren Haibo, sont jugés en même temps par le tribunal, respectivement accusés d'abus de pouvoir et de blessures volontaires.

Les groupes de défense des droits de l'Homme accusent régulièrement la police chinoise de prendre le parti des entreprises ou des gouvernements locaux dans les cas d'expropriations forcées ou de conflits salariaux.

Les travailleurs migrants, véritables citoyens de seconde zone en Chine, sont victimes des violences presque toujours impunies commises par les forces de l'ordre.

En 2013, le meurtre d'un vendeur de melons dans le Hunan (centre), roué de coups par six gardes municipaux, avait suscité l'émoi dans tout le pays.

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