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18/05/2015 03:39 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Burundi: timide reprise des manifestations dans quelques quartiers, immédiatement dispersées par l'armée

De petits groupes d'opposants au président burundais Pierre Nkurunziza tentaient de se rassembler lundi matin dans plusieurs quartiers de Bujumbura, fiefs de la contestation contre un troisième mandat présidentiel, où des militaires ont été déployés en nombre et tentaient de les disperser, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans le quartier de Cibitoke, une trentaine de manifestants ont essayé de se rassembler en chantant et soufflant dans des sifflets sur l'une des avenues du quartier.

Ils étaient immédiatement chassés de la rue par les tirs en l'air d'un contingent de soldats, trois fois plus nombreux que les protestataires et lourdement armés.

Alors que la police était jusqu'à présent le principal instrument de la répression depuis le début des manifestations le 26 avril contre une candidature à un troisième mandat du président Nkurunziza, aucun policier n'était déployé lundi matin face aux manifestants de Cibitoke, où l'armée prenait très clairement en main les opérations de maintien de l'ordre.

Seuls des militaires étaient présents, dont certains paraissaient embarrassés pour gérer la situation, aucun d'entre eux ne disposant de matériels de maintien de l'ordre, matraques ou boucliers.

Equipés de fusils kalachnikov, de lance-roquettes RPG et même de mitrailleuses lourdes, ils n'avaient d'autre solution que de tirer en l'air ou courir après les manifestants qui, à peine dispersés, se regroupaient un peu plus loin sur la route en scandant des slogans hostiles à Nkurunziza.

"Notre objectif est qu'ils (les manifestants) quittent la rue, il est interdit de manifester. Nous essayons de les faire partir pacifiquement", a déclaré à l'AFP un militaire.

Aucune violence, aucun jet de pierres n'était cependant à signaler. Seules deux petites barricades finissaient de se consumer au bord de la chaussée après avoir été démantelées par les soldats. Un autre groupe d'une centaine de manifestants jouaient également le même jeu du chat et de la souris avec les militaires plus loin dans le quartier.

"Il n'y a pas beaucoup de monde, car la police a dit qu'elle allait tirer, les gens ont peur", a déclaré l'un des protestataires, Patrick, 35 ans. "On attend d'être plus nombreux pour descendre vers le centre-ville", a-t- assuré, entre deux sprints avec les soldats.

Dans le quartier voisin de Ngagara, autre foyer de la contestation, aucune barricade n'était visible, alors qu'un petit marché du quartier était très animé.

A Musaga, autre quartier de la contestation anti-Nkurunziza, des petits rassemblements de quelques dizaines de protestataires ont été observés, et là aussi des soldats tentaient de les disperser.

ayv-hba/sba