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16/05/2015 12:41 EDT

Syrie: l'EI entre dans Palmyre, un de ses chefs tué par des commandos américains

justHugo/Flickr

Les combattants du groupe Etat islamique sont entrés samedi dans la ville de Palmyre, en Syrie, pays dans lequel des forces spéciales américaines ont tué un haut responsable de l'EI dans une rare opération au sol.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, des jihadistes ont "pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre", classée au Patrimoine mondial de l'Humanité, après d'intenses combats contre l'armée syrienne.

Plus à l'est, dans un fief de l'EI en Syrie, les Etats-Unis ont tué un chef jihadiste, Abou Sayyaf, présenté comme un cerveau des opérations pétrolières et militaires du groupe extrémiste sunnite contrôlant de larges territoires en Syrie et en Irak voisin.

"Sous la direction du président (Barack Obama), les forces américaines basées en Irak ont mené (vendredi soir) une opération (...) pour capturer le haut responsable de l'EI, Abou Sayyaf, et sa femme", a déclaré samedi la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Bernadette Meehan.

"Abou Sayyaf a été tué lors d'échanges avec les forces américaines", a-t-elle ajouté. Dans un communiqué, le NSC a indiqué que son épouse "se trouvait en détention dans une prison américaine en Irak".

Selon Washington, Abou Sayyaf était directement impliqué dans les opérations militaires de l'EI et dans son trafic de pétrole et de gaz, une importante source de revenus pour le groupe jihadiste, qui s'est quelque peu tarie quand les frappes de la coalition ont visé les champs pétroliers et gaziers sur lesquels il avait mis la main dans l'est syrien.

Au cours de cette intervention américaine, une jeune femme yazidie qui semblait avoir servi comme esclave du couple Sayyaf a été libérée, selon Mme Meehan.

Des centaines, voire des milliers, de femmes de cette minorité kurdophone avaient été capturées par l'EI en août dernier dans le nord de l'Irak pour être vendues ou offertes comme esclaves à des jihadistes, selon Amnesty International.

Cette opération américaine au sol en Syrie est l'une des très rares explicitement revendiquées par Washington, qui dirige une coalition antijihadistes frappant l'EI par les airs depuis plusieurs mois en Irak et en Syrie.

L'an dernier, un commando américain avait, sans succès, tenté de sauver un journaliste américain, James Foley, retenu par l'EI en Syrie.

Pour le ministre américain de la Défense Ashton Carter, l'opération menée à Al-Omar, un des plus grands champs pétroliers de la Syrie situé dans la province de Deir Ezzor, est "une nouvelle claque pour l'EI".

L'EI contrôle le nord de Palmyre

Quelques heures plus tard, le groupe jihadiste a toutefois effectué une démonstration de force aux dépens de l'armée syrienne en entrant dans le nord de Palmyre, un joyau archéologique dont l'Unesco craint désormais qu'elle subisse le même sort que les sites de Nimroud et Hatra en Irak, détruit ou endommagé par l'EI ces derniers mois.

Les ruines de l'antique Palmyre, cité vieille de 2.000 ans, se trouvent au sud-ouest de la ville moderne.

Palmyre a une importance stratégique pour les jihadistes puisqu'elle ouvre sur le grand désert syrien, limitrophe de la province irakienne d'Al-Anbar, en grande partie contrôlée par l'EI.

Son éventuelle prise permettrait en outre au groupe jihadiste d'étendre son influence au-delà de l'est et du nord syrien où il est bien implanté.

Dans sa progression vers Palmyre, le groupe jihadiste a exécuté au moins 49 civils, dont des enfants, en 48 heures, selon l'OSDH.

En Irak, l'organisation jihadiste tentait de prendre la totalité de la ville stratégique de Ramadi, capitale de la province d'Al-Anbar, au lendemain de sa prise du QG gouvernemental.

Bagdad y a envoyé des renforts militaires, ainsi que dans d'autres secteurs de cette province. Les avions de l'armée irakienne et de la coalition internationale ont aussi bombardé les positions jihadistes.

Mais samedi, il n'y avait pas de signe d'une véritable contre-offensive annoncée la veille par les autorités alors que les civils fuient en masse la ville.

Une conquête de la cité constituerait la plus importante victoire de l'EI cette année en Irak et le groupe contrôlerait ainsi les capitales de deux grandes provinces d'Irak, avec Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive (nord).

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