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16/05/2015 05:00 EDT | Actualisé 16/05/2015 05:04 EDT

Attentats de Boston: pour les rescapés, «justice est rendue»

ASSOCIATED PRESS
Liz Norden talks about how she watches her two sons put their legs on every day as she is consoled by first responder Mike Ward while speaking to members of the media after the death penalty verdict for Dzhokhar Tsarnaev outside the John Joseph Moakley United States Courthouse Friday, May 15, 2015, in Boston. Tsarnaev was charged with conspiring with his brother to place two bombs near the Boston Marathon finish line that killed three and injured 260 spectators in April 2013. (AP Photo/Stephan Savoia)

Les rescapés du double attentat du marathon de Boston ont trouvé, à des degrés divers, que «justice a été rendue» vendredi quand un jury a condamné Djokhar Tsarnaev à la peine capitale.

«Il va aller en enfer, c'est là qu'il voulait aller», a réagi Michael Ward, un pompier qui ne travaillait pas le jour de l'attentat qui avait fait 3 morts et 264 blessés, le 15 avril 2013, mais qui était venu au secours des victimes.

«Je me souviens quand les bombes ont explosé et je me souviens de la chose horrible et répugnante que cette personne a faite», a-t-il dit aux journalistes immédiatement après que la sentence de mort ait été rendue contre le jeune auteur des attentats.

«C'est une question de justice», a poursuivi le pompier, «personne ici ne se réjouit», «mais finalement c'est la justice qui l'a emporté aujourd'hui» et «si vous demandez à dix personnes, vous aurez dix avis différents».

Liz Norden, dont les deux fils ont perdu une jambe dans la double explosion, a confié qu'elle «sentait un poids en moins sur les épaules».

«Justice est rendue pour mes fils», a ajouté la mère de famille qui a promis d'être là autant que possible «à chaque étape» jusqu'à l'exécution de Tsarnaev.

Une danseuse de salon Adrianne Haslet-Davis, amputée après l'attentat, a tweeté: «mon coeur est avec tous les survivants. Je suis ravie du verdict!»

Décennies de procédures d'appel

Certains rescapés ont exprimé leur soulagement, teinté de surprise et aussi de tristesse.

Dans un État du Massachusetts qui a aboli la peine de mort, les sondages laissaient apparaître des opinions favorables à la réclusion criminelle à perpétuité et suggéraient que c'est en ce sens que se prononcerait le jury.

Certaines victimes, comme les parents de Martin Richard, 8 ans, tué dans l'attentat, s'étaient publiquement opposées à la peine de mort, inquiètes à la perspective douloureuse d'années, voire de décennies de procédures d'appel.

Mais le jeune Américain d'origine tchétchène a écopé de la peine de mort fédérale, à la demande exceptionnelle du gouvernement Obama.

Les parents Richard ont quitté le tribunal fédéral vendredi sans le moindre commentaire. Devant le palais de justice, anciens combattants et militants contre la peine capitale ont dit leur colère et leur déception.

Laurie Scher a reconnu que le long et épuisant procès du Djokhar Tsarnaev devant le tribunal de Boston l'avait «soulagée» et aidé à forger des amitiés fortes avec d'autres rescapés comme elle. Mais elle a avoué que la perspective de son exécution ne lui était d'«aucun» secours.

«Je suis sûre qu'à un moment dans sa vie, c'était un homme charmant et attentionné» mais «il est devenu un monstre, que s'est-il passé, nous ne saurons jamais...»

Heather Abbott, qui a perdu sa jambe gauche à partir du genou et a mis en place une fondation pour aider les victimes à obtenir des prothèses, n'a trouvé que tristesse dans le verdict.

Quel qu'il soit, «le verdict ne m'apporte pas la paix», a-t-elle écrit sur la page Facebook de sa fondation. «Ce ne cause que tristesse et me pousse encore à me dire que cela n'a aucun sens que toutes ces personnes soient mortes ou blessées dans cette situation».

Karen Brassard, qui était allée au marathon avec son mari et sa fille pour encourager un ami, a salué la décision mais a dit prier pour le jury qui a accompli une mission «extraordinairement difficile».

Toute la famille a été blessée dans l'attentat. Le verdict lui permet de respirer à nouveau, reconnaît cette survivante. Mais «heureuse n'est pas le mot que j'utiliserais». «Il n'y a rien d'heureux à prendre la vie de quelqu'un».

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