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16/05/2015 09:31 EDT | Actualisé 16/05/2015 09:43 EDT

Cuisiner pour le voisin : un mouvement qui prend de l'ampleur à Montréal

Marie-Ève Maheu/Radio-Canada

Dans plusieurs villes du monde, des citoyens sont devenus restaurateurs d'un jour samedi. Ils ont cuisiné et vendu leurs spécialités directement chez eux, dans la rue ou dans des parcs. À Montréal, l'évènement gagne en popularité. Pour cette 6e édition, 65 apprentis restaurateurs ont nourri plus de 3000 gourmands.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Sur Le Plateau-Mont-Royal, deux enseignantes de profession ont installé un kiosque sur le balcon de leur appartement. Parmi leurs spécialités : une tarte aux cerises, pêches et verveine. Bienvenue chez Les belles tartes.

Galerie photo Restaurant Day Voyez les images

« Ça fait un certain temps qu'on veut démocratiser la tarte rustique faite maison, le Restaurant Day [nom de l'événement en anglais] était une belle occasion. Et c'est aussi pour faire partie de la communauté, si on veut », explique Émilie Mercure (à gauche sur la photo).

Les deux femmes ont cuisiné toute la semaine pour y arriver. « C'est sûr que c'est un investissement de temps et d'argent, mais ça nous fait plaisir parce que ça réunit aussi beaucoup de nos amis », ajoute Myriam Gendron.

Les clients, nombreux, ont pu s'installer sur la terrasse située à l'arrière du logement pour manger.

Parmi eux, Katherine et son copain ont prévu des arrêts dans plusieurs restaurants éphémères, qu'ils ont choisis grâce à l'application pour mobile Restaurant Day. Pour eux, il y a le plaisir de la bonne bouffe, mais aussi des rencontres. « On rentre dans l'intimité des gens autour, de notre quartier, j'aime beaucoup ça! » dit-il.

Le Restaurant Day, baptisé Carnaval culinaire au Québec, a vu le jour en Finlande il y a environ quatre ans. On le célèbre quatre fois l'an (février, mai, août, novembre) dans quelques centaines de villes du monde.

Montréal a embarqué dans le mouvement en février 2014, et depuis, l'évènement ne cesse de grossir.

Frédérik Nissen, qui a initié le Carnaval culinaire dans la métropole, ne s'étonne pas de cette popularité. « Je me suis dit que ce serait un succès à Montréal. C'est une ville qui est forte au niveau culinaire! »

L'évènement a commencé avec 10 apprentis restaurateurs. « Il y en a aujourd'hui 65 d'ouverts! dit Frédérik Nissen. On passe d'un petit restaurant ouvert dans une cuisine chez quelqu'un, à dans une ruelle, puis dans une cour arrière, dans un parc ou dans un stationnement désaffecté. Il y a une diversité des lieux, et une diversité culinaire qui est très intéressante à découvrir. »

Rue Laurier, près de Papineau, des Montréalais d'origine syrienne font découvrir leurs spécialités. Ils se sont installés devant un café qui a accepté de les recevoir.

Youssef Shoufan s'est fait aider notamment par sa mère et son père pour préparer les plats : fèves et pois chiches au cumin, biscuits maison parfumés à l'anis. « J'ai goûté, c'est très bon », lance un client, Manuel.

« Quoi de mieux que la nourriture pour rapprocher les gens et on en a la preuve ici : des gens de tous horizons », estime Youssef. Les profits, s'il y en a, iront à La maison de la Syrie, un organisme sans but lucratif qu'il a cofondé. Mais ce n'est pas le but du concept, souligne-t-il.

La prochaine édition du Carnaval culinaire aura lieu en août.

Déjà, le mouvement s'étend ailleurs dans la province. Des gens de Québec, Matane, Rimouski et Val-d'Or ont aussi ouvert quelques restaurants éphémères cette année.

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