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15/05/2015 11:12 EDT | Actualisé 15/05/2015 11:13 EDT

Israël: le gouvernement Netanyahu confronté aux frustrations internationales

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu looks on as he speaks at the opening ceremony of the Holocaust Remembrance Day at the Yad Vashem Holocaust Memorial in Jerusalem, Wednesday, April 15, 2015. (AP Photo/Sebastian Scheiner)
ASSOCIATED PRESS
Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu looks on as he speaks at the opening ceremony of the Holocaust Remembrance Day at the Yad Vashem Holocaust Memorial in Jerusalem, Wednesday, April 15, 2015. (AP Photo/Sebastian Scheiner)

Le nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, va rapidement être confronté à une forte pression des Américains, des Européens et des Palestiniens, de plus en plus frustrés par l'absence de progrès vers la paix.

M. Netanyahu a finalement obtenu jeudi soir par la plus étroite des marges la confiance du parlement pour son gouvernement.

Lors du premier conseil des ministres, il s'en est tenu à des propos assez vagues pour ne pas alarmer les capitales étrangères. "Nous continuerons à promouvoir un règlement diplomatique tout en préservant les intérêts vitaux et la sécurité des citoyens d'Israël", a-t-il déclaré.

Au même moment, le président américain Barack Obama émettait un signal clair en affirmant qu'"une solution à deux Etats", et donc la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël, était "absolument cruciale".

Or le gouvernement qui s'installe est très ancré à droite. Nombre de ses ministres sont opposés, comme l'a noté M. Obama, à la création d'un Etat palestinien, centrale dans les grands plans de résolution du conflit. Ils soutiennent la colonisation (la construction d'habitations civiles dans les territoires occupés ou annexés), illégale aux yeux de la communauté internationale et considérée comme un obstacle majeur à la paix.

Le quotidien Jerusalem Post imaginait ainsi le contenu des messages envoyés par les diplomates étrangers à leur capitale sur la politique d'"un gouvernement de droite dure et étroite". Il faisait remarquer que, si M. Netanyahu avait gardé pour lui le poste de ministre des Affaires étrangères, la diplomatie serait conduite au quotidien par la ministre adjointe Tzipi Hotovely, "partisane d'une solution à un seul Etat (israélien) qui croit que les juifs devraient avoir le droit de prier sur le mont du Temple (l'esplanade des Mosquées, troisième lieu de l'islam) et qui est très proche des colons".

Frustrations internationales

M. Netanyahu lui-même a promis pendant sa campagne de continuer la colonisation et a enterré l'idée d'un Etat palestinien, revenant ensuite sur ses propos.

Mais pour les Palestiniens et de nombreux diplomates, les déclarations de campagne n'ont fait que confirmer que M. Netanyahu n'avait jamais voulu d'un Etat palestinien.

Après des années de frustrations internationales et l'échec d'une énième initiative de paix en 2014, les Américains ont décidé de prendre M. Netanyahu au mot. Ils ont indiqué qu'ils ne pouvaient faire autrement que reconsidérer leur diplomatie, laissant entendre qu'ils pourraient revenir sur leur soutien historique à Israël dans les institutions internationales.

Inquiet du risque d'un isolement grandissant, Israël se prépare à des mois difficiles. Les Palestiniens entendent poursuivre contre un gouvernement "de guerre" leur offensive diplomatique et judiciaire devant les organisations internationales.

La Cour pénale internationale étudie l'ouverture d'une enquête pour crimes de guerre avant, pendant et après la guerre de Gaza en 2014. Une commission d'enquête du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU est censée rendre en juin un rapport sur le conflit.

Même le foot

Les Etats-Unis ont demandé à la France de retenir jusqu'à fin juin son effort au Conseil de sécurité pour ne pas compliquer la recherche d'un accord avec l'Iran sur le nucléaire, disent des diplomates. Mais cet effort devrait remonter en puissance au cours de l'été.

L'Union européenne elle aussi étudie ses options. Plusieurs membres lui ont demandé récemment de relancer l'étiquetage des produits provenant des colonies israéliennes, alors qu'Israël est déjà en butte à des initiatives de boycottage non-gouvernementales à travers le monde.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini est attendue mercredi et jeudi dans les Territoires et à Jérusalem. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier est annoncé fin mai.

La durée de vie du gouvernement israélien semble aléatoire car il repose sur une majorité très précaire. M. Netanyahu a aussi laissé la porte ouverte à un élargissement de sa coalition, l'entrée d'éléments plus modérés n'étant pas à exclure. Mais le patron de l'opposition, le travailliste Isaac Herzog, a affirmé son refus de rejoindre ce "cirque".

Israël doit se défendre jusque dans le foot. Le président de la fédération internationale (Fifa) Sepp Blatter est attendu dans la région pour des entretiens avec M. Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas, avant un congrès le 29 mai où les Palestiniens pourraient réclamer la suspension de la fédération israélienne.

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