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14/05/2015 09:28 EDT | Actualisé 14/05/2016 05:12 EDT

L'avenir incertain de la Formule 1 au menu du Groupe Stratégique

Hassan Ammar/AP
Mercedes driver Lewis Hamilton of Britain steers his car in the pits during the third free practice ahead of the Bahrain Formula One Grand Prix at the Formula One Bahrain International Circuit in Sakhir, Bahrain, Saturday, April 18, 2015. The Bahrain Formula One Grand Prix will take place on Sunday. (AP Photo/Hassan Ammar)

Une réunion du Groupe Stratégique de la F1, la catégorie-reine du sport automobile, a commencé ce matin à Biggin Hill, près de Londres, avec un ordre du jour bien rempli, à dix jours du GP de Monaco et alors que le fossé se creuse entre les écuries les plus riches et les autres.

La révélation, à la veille de cette réunion, des chiffres secrets de la F1, par le magazine britannique Autosport, était tout sauf un hasard, après six mois d'enquête par l'un de ses journalistes, le Sud-Africain Dieter Rencken. Car le petit monde de la F1 est inquiet, depuis le double dépôt de bilan de Caterham et Marussia à l'automne, et parce qu'aucune décision significative n'a été prise depuis.

La F1 génère toujours autant d'argent (près de 1,5 milliard d'euros, soit un peu plus de 2 M$CAN, de chiffre d'affaires annuel en 2014) mais le redistribue de manière étonnante, selon des clés de répartition compliquées qui permettent aux grosses écuries de continuer à grandir pendant que les petites écuries n'arrivent plus à financer leurs coûts de développement et à payer leurs nouveaux moteurs V6 turbo hybrides.

L'étude d'Autosport montre que Ferrari, 4e du championnat du monde de F1 en 2014, a reçu 145 millions d'euros (200 M$CAN) de Formula One Management (FOM) l'an dernier, soit deux fois plus que Williams qui a pourtant terminé devant elle au classement. Et Williams Grand Prix Holdings plc a annoncé fin avril 47 millions d'euros (64 M$CAN) de déficit pour son exercice 2014, malgré un chiffre d'affaires de 125 M euros (170 M$CAN).

Ce déficit a des causes connues: "baisse des revenus, dûe à une 9e place au championnat 2013, et augmentation des coûts", écrit Williams, à cause de l'achat de nouveaux moteurs hybrides à Mercedes et des lourds investissements consentis pour revenir aux avant-postes. Le cas de Williams est symbolique de la F1 actuelle: même une écurie "historique", qui touche un "bonus" chaque année de la FOM, n'est pas à l'abri des soucis financiers.

Rendez-vous à Biggin Hill

La limitation des coûts, souhaitée dès que possible par le président français de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt, est au menu de la réunion de ce jeudi à Biggin Hill, près de Londres, au quartier général de la FOM et de son promoteur historique, Bernie Ecclestone, 84 ans.

Un dîner de travail a eu lieu mercredi soir entre MM. Todt et Ecclestone, avec en toile de fond l'audit récent du cabinet McKinsey sur les meilleurs moyens de réduire les coûts de la F1. Parmi les propositions qui tournent depuis quelques semaines, en coulisses, il y a le projet d'interdire l'utilisation des souffleries, que certains estiment pourtant indispensables.

Toujours selon Autosport, généralement bien informé, un accord entre Todt et Ecclestone n'est pas à exclure, jeudi, aux dépens des six écuries présentes (Ferrari, Red Bull, Mercedes, McLaren, Williams, Force India), car la FIA et la FOM pèsent chacune six voix dans le Strategy Group. Celui-ci devra ensuite transmettre ses propositions éventuelles à la Commission F1, avant validation finale au prochain Conseil mondial de la FIA.

Un autre sujet sensible au menu de jeudi était la possibilité d'autoriser un 5e moteur à chaque pilote, sans pénalité sur la grille, à la demande de Red Bull Racing qui a eu de gros problèmes de fiabilité de ses moteurs Renault en début de saison. Un accord de principe, lors du dernier Groupe Stratégique, n'a pas encore été validé pour de bon... et rien n'indique qu'il le sera.

Enfin, à plus long terme, certains patrons d'écuries proposent que les F1 redeviennent plus agressives à partir de 2017, avec des moteurs de 1 000 chevaux mais moins chers et des pneus plus larges, comme à l'époque glorieuse. De quoi enrayer peut-être la baisse des audiences, due en grande partie au choix de la télé payante, et la fuite des gros sponsors pour qui la F1 n'est plus assez visible, et donc plus assez rentable. Rien n'est moins sûr.

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