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13/05/2015 13:34 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Une compétition diversifiée et internationale au Festival de Cannes

NEW YORK, États-Unis - Il n'y aura pas d'égoportraits pris sur le tapis rouge au 68e Festival de Cannes, dont la compétition officielle se mettra en branle jeudi, mais plusieurs feront des pieds et des mains pour tenter de se faire remarquer.Nulle part ailleurs que sur la Croisette les films et les cinéastes ne sont-ils pris aussi sérieusement et superficiellement à la fois.«C'est un cirque», assure le réalisateur Todd Haynes, qui présentera en grande première «Carol», son mélodrame lesbien des années 1950 mettant en vedette Cate Blanchett et Rooney Mara. «C'est une bête sauvage comme aucune autre. Selon mon expérience, rien ne se compare à Cannes. Il s'agit d'un endroit très important.»Haynes est l'un des deux cinéastes américains dont l'oeuvre est en lice pour la Palme d'or cette année. Le second est Gus Van Sant, qui présentera «The Sea of Trees» («La forêt des songes»), un drame sur le suicide et la survie porté par Matthew McConaughey et Ken Watanabe.Van Sant a déjà remporté la prestigieuse récompense en 2003 pour son film «Elephant».Le dernier long métrage du Québécois Denis Villeneuve, «Sicario» est en lice dans la sélection officielle. Mettant en vedette Emily Blunt, Benicio Del Toro et Josh Brolin, le film raconte l'histoire d'une jeune agente idéaliste du FBI recrutée par les membres d'une escouade tactique gouvernementale et plongée dans l'univers sanglant du trafic international de stupéfiants afin de neutraliser le chef du cartel mexicain.Les productions internationales sont à l'honneur. Ainsi, le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auréolé de l'Oscar remis au meilleur film étranger, vient présenter son dernier-né: «Youth», un drame tourné en anglais dans les Alpes mettant en vedette Michael Caine et Harvey Keitel. Le cinéaste norvégien Joachim Trier, dont «Oslo, 31 août» était en compétition dans le volet Un Certain Regard en 2011, se hisse à la sélection officielle avec «Louder than Bombs» («Plus fort que les bombes»), un film également tourné en anglais ayant Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg et Gabriel Byrne à l'affiche.La sélection compte également une forte délégation française: Jacques Audiard («Dheepan»), Stéphane Brizé («La Loi du marché»), Valérie Donzelli («Marguerite et Julien»), Maïwenn («Mon Roi») et Guillaume Nicloux («Valley of Love»).Même Shakespeare s'internationalise. Le réalisateur australien Justin Kurzel offre un «Macbeth» interprété par l'acteur irlandais d'origine allemande Michael Fassbender, et la comédienne française Marion Cotillard. Fassbender s'est dit impressionné par les capacités de sa partenaire de jouer Lady Macbeth dans une langue qui n'est pas la sienne.«Je ne peux pas la louanger suffisamment. Pour moi, c'est seulement le défi de jouer du Shakespeare. Mais elle, sa langue maternelle est le français. Elle est incroyablement brave. Et, en plus, elle est excellente.»Autre rencontre imprévisible: Matteo Garrone, dont «Gomorra» avait fait sensation en 2008, est en compétition avec «Il racconto dei racconti», un film basé librement sur un conte de fées du XVIIe siècle. La bande-annonce du film montre Salma Hayek mangeant le coeur d'une bête. Et dans la catégorie «insolite», on note le cinéaste grec Yorgos Lanthimos et son «The Lobster», un film relatant un avenir au cours duquel ceux qui ne peuvent trouver un partenaire sexuel se transforment en animaux. Colin Farrell et Rachel Weisz partagent l'affiche de ce long métrage.Certaines productions seront par ailleurs lancées hors compétition. L'année 2015 ne fera pas exception. Ainsi, Pixar célébrera son retour après deux ans d'absence en présentant «Inside Out», un film d'animation relatant l'histoire d'une fille entendant les voix de ses émotions dans sa tête. Et une journée avant ses débuts en Amérique du Nord, les spectateurs cannois pourront voir «Mad Max: Fury Road», le dernier-né de la série «Mad Max».«Mad Max contient la bonne dose de folie et d'anarchie pour eux, soutient une des vedettes du film, Tom Hardy. J'aime bien que George Miller vienne jeter un brin de délire à Cannes, là où on s'attend à voir Audrey Hepburn en robe de soirée et Gregory Peck ou Humphrey Bogart en smoking. George va faire sauter la place.»