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13/05/2015 05:52 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Un vétéran et un débutant pour représenter Ryad au sommet aux Etats-Unis

Ils n'ont rien en commun sauf leur puissance: les deux représentants de l'Arabie saoudite au sommet réunissant mercredi les Etats-Unis et les monarchies du Golfe sont un vétéran de la lutte antiterroriste et un jeune débutant de la vie politique.

Le prince héritier Mohammed ben Nayef, 55 ans, est également ministre de l'Intérieur qui a survécu à une tentative d'assassinat d'Al-Qaïda après avoir conduit une répression implacable contre le réseau extrémiste, qui lui a valu l'estime de Washington.

Il aura à ses côtés lors des rencontres avec le président Barack Obama, le prince Mohammed ben Salmane. Ministre de la Défense et futur prince héritier, ce trentenaire est un ancien homme d'affaires qui a rejoint, il y a quelques années, le cabinet de son père, Salmane, devenu roi le 23 janvier.

Ensemble, ils représenteront leur pays, après la défection à la dernière minute du roi Salmane, 79 ans, au sommet de deux jours à la Maison Blanche puis à la résidence présidentielle de Camp David, au nord de Washington.

Le sommet réunit les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) autour de M. Obama qui l'a convoqué pour restaurer la confiance chancelante avec ces monarchies sunnites.

Celles-ci sont inquiètes des "ingérences" de l'Iran chiite et grand rival de l'Arabie saoudite dans la région tandis que Washington et d'autres puissances tentent de finaliser un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé.

Mohammed ben Nayef a la haute main sur la sécurité du royaume tandis que Mohammed ben Salmane s'occupe de la Défense et supervise à ce titre la campagne militaire contre les rebelles soutenus par l'Iran au Yémen.

Leur présence commune aux Etats-Unis "vaut aussi bien une présence personnelle du roi Salmane", estime Jamal Khashoggi, un analyste saoudien.

- 'Etoiles montantes' -

"Ils peuvent être considérés comme les étoiles montantes" de la famille royale, souligne Frederic Wehrey du programme Moyen-Orient de la Fondation Carnegie pour la paix internationale de Washington.

Les deux princes ont été promus premier et second dans la ligne de succession par le roi Salmane en avril.

Anthony Cordesman du Centre pour les études stratégiques et internationales de Washington, décrit la paire comme "deux des plus hauts responsables" du riche royaume pétrolier.

Mohammed ben Nayef a fait des études de sciences politiques aux Etats-Unis et a eu plusieurs stages de formation militaire, y compris à la CIA, selon des spécialistes de la famille royale.

Il a conduit la campagne de répression contre Al-Qaïda qui avait mené des attentats particulièrement meurtriers dans le royaume entre 2003 et 2007. Lui-même a échappé de justesse en 2009 à un attentat d'Al-Qaïda, dont l'un des kamikazes, faisant semblant de se rendre, s'est fait exploser en sa présence.

Il "est tenu en haute estime" par Washington pour ses succès contre Al-Qaïda et ses efforts pour réhabiliter les extrémistes, selon David Ottaway, chercheur principal au Centre Wilson à Washington. "Il a de fortes relations personnelles avec beaucoup (de décideurs) à Washington".

- 'Agressif et ambitieux' -

Cela n'est pas le cas du jeune prince Mohammed ben Salmane, dont l'âge n'excède pas les 35 ans selon analystes et médias locaux.

Selon sa biographie publiée par la Fondation Misk, que le prince avait établie pour le développement de la jeunesse, il a eu "une carrière de 10 ans" dans les affaires, avant de devenir en 2009 conseiller spécial de son père et plus tard chef de son cabinet lorsque Salmane est devenu prince héritier.

Après sa nomination à la Défense, il a pris l'énorme responsabilité d'organiser une coalition qui a lancé le 26 mars la campagne aérienne contre les rebelles au Yémen.

Il dirige également un Conseil économique. Et il est le deuxième vice-Premier ministre, ce qui en fait l'"homme fort de l'Arabie saoudite", selon un diplomate occidental.

Bruce Riedel, un ancien de la CIA qui dirige le Projet Intelligence Brookings à Washington, écrit que le prince Mohammed ben Salmane "a la réputation d'être agressif et ambitieux".

Et pour M. Wehrey, certains à Washington pensent qu'il "tente de gagner ses galons ou de se faire connaître" à travers la campagne au Yémen.

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