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13/05/2015 07:57 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Turquie: un an après, larmes sur le site du drame minier de Soma

Les proches des 301 mineurs tués dans la plus grave catastrophe industrielle de l'histoire de la Turquie se sont recueillis mercredi sur les lieux du drame à Soma, dans l'ouest du pays, à l'occasion du premier anniversaire du drame, selon un journaliste de l'AFP.

Plus de 5.000 personnes mobilisées par la société civile et les syndicats, ont fait le voyage vers la petite ville martyre, où l'émotion était très vive parmi les proches des victimes.

"Ce n'était pas un accident mais un massacre. Ce n'était non plus l'oeuvre de la fatalité", a lancé Kani Beko, le président de DISK, l'une des principales centrales syndicales d'ouvriers de Turquie.

Un monument et une stèle ont été érigés à Soma sur laquelle sont inscrits les noms des victimes.

A Antalya (sud, sur la Méditerranée), une soixantaine d'étudiants de l'Université Akdeniz se sont heurtés à la police anti-émeutes qui les a empêchés de manifester à l'occasion de l'anniversaire de l'accident sur le campus, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Les forces de l'ordre ont riposté à des jets de pierre par des grenades lacrymogènes et des canons à eau, interpellant une dizaine de manifestants, précise Dogan.

Le 13 mai 2014, un violent incendie a éclaté dans un des puits de la mine de charbon de Soma et tué 301 mineurs, brûlés ou intoxiqués au monoxyde de carbone. Cet accident constitue la pire catastrophe industrielle de l'histoire du pays.

Les dirigeants de la compagnie exploitante Soma Kömür, inculpés pour homicides volontaires, risquent la prison à vie dans leur procès qui s'est ouvert en avril dernier dans la ville voisine d'Akhisar, pour des raisons de sécurité.

Trente-sept personnes sont jugées dans le cadre de ce procès. La justice leur reproche d'avoir délibérément négligé la sécurité des mineurs au nom de la rentabilité.

Les procureurs ont aussi mis en cause la "surexploitation" de la mine, dont les dirigeants se vantaient d'avoir divisé par cinq le coût de production de la tonne de charbon, révélant des conditions de sécurité particulièrement insuffisantes.

Depuis cette tragédie, le pouvoir islamo-conservateur turc a fait adopter au Parlement une législation améliorant les droits et les conditions de travail des mineurs. Mais la Turquie détient encore le triste record européen du nombre de morts dans des accidents du travail.

Juste après l'accident, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, aujourd'hui président, avait été violemment mis en cause pour avoir imputé le drame à la fatalité. "Les accidents sont dans la nature même des mines", avait-il lancé lors d'une visite très agitée à Soma.

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