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13/05/2015 02:17 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Migrants: la Thaïlande à la recherche d'un "homme clé" de la traite

La police thaïlandaise recherchait mercredi un élu d'une province du sud du pays qu'elle estime être un homme clé de la traite d'êtres humains dans la région.

Les enquêteurs ont notamment lancé des investigations autour d'une île privée détenue par cet homme près de la frontière maritime avec la Malaisie et qui pourrait être un point de passage de longue date d'une partie du flux des migrants.

"Ko Tong est le cerveau d'un gang de trafiquants de la province de Satun (à la frontière avec la Malaisie). Il possède beaucoup d'actifs. Des dizaines de millions de baht d'actifs ont été saisis. C'est une figure très importante", a expliqué à l'AFP Paveen Pongsirin, commandant régional adjoint dans le Sud.

La police thaïlandaise pense que Pajjuban Aungkachotephan, connu localement comme Ko Tong, a fui le royaume depuis qu'un mandat d'arrêt a été délivré contre lui samedi.

Depuis des années, les ONG accusent des membres de la police et de l'armée thaïlandaise, de fermer les yeux, voire d'être complice de ces trafics.

Depuis près de deux semaines, la Thaïlande a lancé une vaste opération contre cette filière. Dans le sud du pays, de nombreux camps de transit pour des réfugiés venus de Birmanie et du Bangladesh, ont été démantelés. Le passage par ces camps cachés dans la jungle thaïlandaise était une voie classique ces dernières années. D'après les autorités thaïlandaises, les trafiquants exigeaient ensuite plusieurs milliers de dollars aux familles pour leur libération.

Cette nouvelle politique de la Thaïlande a eu un effet pervers pour les migrants: des milliers sont actuellement en perdition en mer pendant que les passeurs cherchent de nouveaux itinéraires quand ils ne les abandonnent pas purement et simplement à leur sort.

En dix jours, 18 personnes ont été arrêtées dans le royaume et plus de 50 policiers transférés.

Chaque année, des dizaines de milliers de candidats à l'exil transitent par le sud de la Thaïlande, vers la Malaisie et au-delà, pour fuir la pauvreté au Bangladesh ou les persécutions, dans le cas des Rohingyas de Birmanie, minorité musulmane considéré par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde.

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