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13/05/2015 11:32 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Liban: Quatre ans et demi de prison pour un ex-ministre pro-syrien (avocat)

L'ex-ministre libanais Michel Samaha a été condamné mercredi à 4 ans et demi de prison, après avoir été reconnu coupable d'avoir voulu mener des attentats au Liban, a annoncé le tribunal militaire.

"Michel Samaha a été condamné à quatre ans et demi de prison. Comme l'année judiciaire est de neuf mois et qu'il a été arrêté en août 2012, il devrait être libéré à la fin de l'année", selon la même source.

Il est en outre déchu à vie de ses droits civiques et politiques, a-t-on ajouté.

Le tribunal l'a reconnu coupable "d'avoir tenté de mener des actions terroristes et d'appartenance à un groupe armé".

La défense s'est montrée "déçue" par ce jugement. Elle avait plaidé l'acquittement arguant qu'il avait agi "à l'incitation d'un provocateur, ce qui l'exempterait de peine en vertu de la loi libanaise".

"Nous allons certainement nous pourvoir en cassation", a indiqué à l'AFP son avocate Rana Azoury.

Selon l'acte d'accusation, M. Samaha, ex-ministre de l'Information du Liban, qui fut également conseiller du président syrien Bachar al-Assad, avait planifié, avec le chef des services de sécurité syriens Ali Mamlouk, des attentats au Liban et l'assassinat de personnalités politiques et religieuses libanaises hostiles à Damas.

Son procès a été reporté à plusieurs reprises. Lors de la première audience, le 20 avril, l'accusé a reconnu avoir transporté des explosifs dans sa voiture en août 2012, de Damas jusqu'au Liban, affirmant avoir cru que les attentats étaient destinés à protéger le Liban.

M. Samaha a affirmé que l'idée était de mener des attentats à la frontière afin de provoquer sa fermeture et de stopper ainsi le passage de combattants libanais allant se battre auprès de la rébellion syrienne contre le régime de Damas.

Il n'a pas précisé s'il avait participé à la planification de ces attentats, assurant avoir été poussé au crime par un informateur des services de sécurité libanais, Milad Kfouri.

Depuis le retrait des troupes syriennes du Liban en 2005 après une présence de près de 30 ans, une série d'attentats a coûté la vie à des personnalités libanaises hostiles à l'hégémonie de Damas, notamment l'ex-Premier ministre milliardaire Rafic Hariri.

Le Liban est profondément divisé entre partisans et adversaires du régime de Damas, des divisions exacerbées par le conflit syrien ayant débuté en 2011 et dans lequel le Hezbollah chiite libanais combat auprès de l'armée syrienne.

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