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13/05/2015 08:56 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Le Soudan du Sud limite la présence d'humanitaires étrangers

Le Soudan du Sud, en proie à la guerre civile, a adopté une loi obligeant les organisations humanitaires à employer au maximum un cinquième de personnel étranger, a annoncé mercredi la présidence.

Après 17 mois de conflit meurtrier, plus de la moitié des 12 millions de Sud-Soudanais ont besoin d'assistance humanitaire, et 2,5 millions de personnes souffrent de graves problèmes alimentaires, selon l'ONU.

Le projet de loi sur les ONG a été voté par les députés mais doit encore être ratifié par le président Salva Kiir.

"Le projet sur les ONG a été adopté (...). Le projet vise à réglementer les ONG, internationales comme locales", a déclaré le porte-parole du président, Ateny Wek Ateny.

Le pays manque cruellement de travailleurs qualifiés, avec un quart seulement de sa population sachant lire et écrire.

En septembre, le gouvernement avait ordonné que tous les travailleurs étrangers, y compris ceux travaillant pour les organisations humanitaires, soient remplacés par des citoyens sud-soudanais, avant de revenir sur sa décision dès le lendemain.

La guerre civile avait éclaté en décembre 2013 au Soudan du Sud. Elle a été marquée par de multiples exactions dans les deux camps, celui des troupes loyales au président Kiir et celui des rebelles combattant pour l'ancien vice-président Riek Machar: massacres ethniques, viols à grande échelle, attaques contre les civils et les infrastructures médicales...

Les combats, qui ont dégénéré en conflit ethnique impliquant de nombreux groupes armés, ont fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés dans le plus jeune pays de la planète, qui n'a obtenu qu'en 2011 son indépendance du Soudan voisin.

Durant le mois écoulé, les forces gouvernementales ont lancé leurs plus importantes offensives depuis le début de la guerre, marquées par des meurtres, des viols de femmes et de filles, des incendies de villes et villages entiers et des pillages de fournitures humanitaires.

Plus de 300.000 civils, dont plus de 100.000 ont dû fuir leurs foyers, se retrouvent ainsi sans aide humanitaire vitale dans l'Etat d'Unité, dans le Nord ravagé par les combats, après le départ des ONG et des Nations unies à cause de l'intensification des violences.

L'Union africaine a prévenu mardi que le pays faisait face à une "situation humanitaire catastrophique", avec la "perte d'innombrables vies humaines et des souffrances indicibles".

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