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13/05/2015 16:32 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Le président du Burundi assure que le coup d'État a échoué

BUJUMBURA, Burundi - Le calme régnait dans la capitale du Burundi, mercredi soir, mais on ignorait qui dirigeait le pays après une journée tumultueuse au cours de laquelle des milliers de personnes ont célébré une tentative de coup d'État contre le président Pierre Nkurunziza.Tandis que M. Nkurunziza était en Tanzanie, pays voisin, pour un sommet sur les troubles au Burundi, un général de l'armée a annoncé sur les ondes d'une station de radio privée que le président avait été relevé de ses fonctions.Mais le bureau de M. Nkurunziza a affirmé, mercredi soir, que le coup d'État avait échoué, publiant une déclaration sur les comptes Twitter et Facebook du président.Le message soutient qu'un «groupe de soldats s'est mutiné (mercredi) matin et a fait une déclaration de coup d'État fantaisiste». Il poursuit en disant que la tentative de putsch a échoué et que les responsables sont recherchés par la Défense et les forces de sécurité afin d'être traduits en justice.On ignore si le général Godefroid Niyombare peut réellement compter sur l'appui des forces armées. Il a annoncé sur les ondes de Bonesha FM la formation d'un comité temporaire qui dirigerait le pays et dont il serait le président. Peu de temps après, les policiers se sont volatilisés et des gens sont descendus dans les rues pour célébrer son annonce.Le général Niyombare a fait cette annonce au moment où des milliers de personnes défilaient dans les rues de la capitale, Bujumbura, pour dénoncer la décision du président de briguer un troisième mandat.Un journaliste de l'Associated Press était présent quand un policier a tiré environ cinq coups de feu. Le bilan des éventuelles victimes n'est pas connu.Des soldats ont aussi encerclé le siège de la radio nationale.La manifestation a mobilisé des milliers de personnes et compte parmi les plus importantes organisées pour dénoncer les intentions de M. Nkurunziza. Les policiers ont utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de pénétrer dans le quartier des affaires de la ville, mais des femmes ont quand même réussi à contourner le cordon policier.M. Nkurunziza se serait rendu à Dar es Salaam pour rencontrer les leaders du Rwanda, du Kenya, de la Tanzanie et de l'Ouganda pour discuter de la crise qui secoue son pays.Le président du sommet, le Tanzanien Jikaya Kiwkete, a indiqué que les leaders condamnaient le coup d'État et a demandé un retour à l'ordre constitutionnel. Il a ajouté dans un communiqué que les participants à la rencontre souhaitaient un report des élections prévues en juin en raison de la situation actuelle.Les manifestants estiment que la décision du président de briguer un troisième mandat est inconstitutionnelle. Au moins 15 personnes ont été tuées et 220 blessées depuis le début des manifestations, selon la Croix-Rouge du Burundi.Plus de 50 000 Burundais ont fui vers les pays voisins par crainte des violences qui pourraient éclater avant le scrutin présidentiel.