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13/05/2015 13:47 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

L'Otan condamne le renforcement militaire de la Russie en Crimée

L'Otan a accusé mercredi la Russie de renforcer "à grande échelle" sa présence militaire en Crimée et dans la région de la mer Noire, mettant aussi en garde Moscou contre des déclarations d'officiels sur le déploiement d'armes nucléaires dans cette péninsule.

"Nous condamnons le renforcement militaire à grande échelle de la Russie actuellement en cours en Crimée", territoire ukrainien rattaché en mars 2014 à la Russie, ont déclaré les 28 membres de l'Alliance atlantique dans une déclaration commune avec l'Ukraine.

"Nous sommes préoccupés par les efforts de la Russie, et ses projets affirmés d'un accroissement (de sa présence) militaire dans la région de la mer Noire, qui auraient potentiellement des conséquences sur la stabilité de la région", poursuit le texte.

L'Otan a une nouvelle fois condamné "l'annexion autoproclamée, illégale et illégitime de la Crimée" par la Russie, que "nous ne reconnaissons pas et ne reconnaîtrons pas".

"Nous appelons la Russie à revenir" sur cette décision, écrivent les 28 Alliés dans cette déclaration diffusée à l'issue d'une réunion des chefs de leur diplomatie avec leur homologue ukrainien Pavlo Klimkine, à Antalya (sud-ouest de la Turquie).

"Nous sommes très inquiets de déclarations concernant un possible déploiement à l'avenir d'armes nucléaires (...) en Crimée", a commenté le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, à l'issue de cette réunion. "Placer des armes nucléaires en Crimée constituerait une violation immense des obligations internationales de la Russie", a renchéri M. Klimkine, citant "plusieurs traités, dont le traité de non prolifération nucléaire TNP".

Cette mise en garde est adressée à Moscou à la suite de plusieurs déclarations d'officiels russes, dont la plus récente, début mars, émanait du directeur du département de la non-prolifération du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Oulianov, ont expliqué deux diplomates à l'AFP.

"La Russie a bien évidemment le droit de déployer des armes nucléaires sur son territoire, si elle le juge nécessaire, dans n'importe quelle région. A l'heure actuelle, je ne sais rien d'armes nucléaires en Crimée, je ne sais rien de projets en vue d'en installer, mais, en principe, nous en avons le droit, même s'il est évident que Kiev voit les choses différemment", avait-il dit.

axr/bds