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13/05/2015 11:47 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

L'ONU appelle à lutter contre la prolifération des armes légères

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a invité mercredi les Etats membres à redoubler d'efforts pour lutter contre la prolifération des armes légères, notamment en sécurisant les arsenaux et en améliorant la traçabilité des munitions.

Il faut aussi appliquer strictement les embargos internationaux et charger les missions de paix de l'ONU d'aider les pays hôtes à mieux gérer leurs stocks d'armements, a souligné M. Ban à l'ouverture d'un débat au Conseil de sécurité sur ce dossier.

"La mauvaise gestion des arsenaux est particulièrement inquiétante", a-t-il estimé.

Depuis dix ans, a expliqué M. Ban, "le monde a connu 250 conflits" où la prolifération des armes légères joue un grand rôle, comme en Libye ou au Yémen, et 50.000 personnes sont tuées chaque année en raison de cette prolifération.

Mieux contrôler les munitions doit être une priorité, a-t-il souligné, car elles ont "un impact immédiat sur l'intensité des activités armées" et elle servent à fabriquer des engins explosifs improvisés particulièrement meurtriers pour les civils, comme en Afghanistan.

M. Ban a aussi enjoint les pays qui ne l'ont pas encore fait à signer, ratifier et "appliquer fidèlement" le traité sur le commerce des armes conventionnelles entré en vigueur en décembre dernier. Ce texte, le premier du genre, impose aux Etats de s'assurer au préalable que les armes qu'ils vendent ne risquent pas d'être utilisées pour violer les droits de l'homme ou contourner des embargos.

Quatre pays membres du Conseil (Russie, Chine, Jordanie, Venezuela) n'ont pas encore signé ce traité.

Le secrétaire général a transmis récemment au Conseil un rapport sur les armes légères qui recense 14 recommandations.

Pour le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al-Hussein, "les silhouettes utilisées pour s'entraîner au tir ne devraient pas représenter des hommes armés et menaçants mais des civils terrorisés" car ce sont les femmes, les enfants et les vieillards qui sont les principales cibles.

Il a déploré que les gouvernements s'efforcent dans les négociations de désarmement de trouver des échappatoires. "L'explication est simple: le commerce des armes légères est un marché de plusieurs milliards de dollars". "Mais le coût humain et économique de la violence armée atteint aussi des centaines de milliards de dollars", a-t-il ajouté.

Le Conseil avait adopté une résolution dans ce domaine en septembre 2013 mais la Russie s'était abstenue car le texte ne mentionnait pas l'interdiction d'armer les "acteurs non-étatiques", par exemple les groupes armés d'opposition en Syrie.

Selon des diplomates, des discussions sur une nouvelle résolution se sont heurtées ces derniers jours au même problème, la Russie étant soutenue par le Nigeria, le Tchad ou le Venezuela.

avz/bdx