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13/05/2015 08:14 EDT | Actualisé 13/05/2015 08:17 EDT

Une ville du Japon veut inscrire des lettres de kamikazes à l'Unesco

AP
In this image provided by the U.S. Navy, anti-aircraft gunners, center foreground, pour a deadly stream of fire into the already-burning Japanese Kamikaze plane plummeting toward the flight deck of the USS Sangamon, a Navy escort carrier, during action in the Ryukyus near Japan during World War II, May 4, 1945. This suicide plane landed in the sea close to the carrier. Another Japanese aircraft later succeeded in hitting the ship deck, inflicting heavy damage. (AP Photo/U.S. Navy)

Une ville du Japon a réitéré mercredi son intention d'enregistrer des lettres de kamikazes au programme Mémoire du monde de l'Unesco, en dépit des critiques qui l'accusent de glorifier la guerre.

L'an dernier, la ville de Minami-Kyushu (sud du Japon) avait déjà tenté, mais sans succès, d'inscrire ces lettres d'adieu à Mémoire du monde, un programme onusien qui vise à collecter et faire connaître le patrimoine documentaire mondial.

L'initiative avait déclenché les foudres de la Chine qui avait dénoncé "une tentative d'embellir l'histoire de l'agression militariste du Japon".

Le maire de Minami-Kyushu, Kampei Shimoide, a défendu son projet devant des journalistes à Tokyo, assurant qu'il ne souhaitait en rien faire l'apologie des kamikazes, mais seulement témoigner de la brutalité de la guerre du Pacifique.

"Notre demande n'est en aucune façon une tentative de glorifier, de romancer ou de justifier l'héritage historique des pilotes kamikazes", a insisté M. Shimoide.

"Nous sommes persuadés que ce projet représente une avancée significative en direction de l'instauration de la paix mondiale", a-t-il affirmé.

Minami-Kyushu prévoit de recueillir plus de 300 missives - certaines écrites avec le sang de pilotes - et de les présenter à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture pour inscription à la liste Mémoire du monde en 2017.

Beaucoup de souvenirs d'anciens kamikazes sont conservés dans un "musée de la paix" à Chiran (sud-ouest), près de l'aérodrome d'où décollaient ces pilotes pour leur mission suicide.

On y trouve notamment les lettres d'adieu de jeunes aviateurs à leurs familles, souvent très émouvantes.

Près de 4000 kamikazes trouvèrent la mort au manche de leur avion lesté de bombes de 250 kg, souvent abattus par l'ennemi américain avant d'atteindre leurs cibles entre le 25 octobre 1944 et le 15 août 1945.

Le mot kamikaze signifie "vent divin", en référence aux typhons providentiels qui détruisirent les flottes d'envahisseurs mongols au 13e siècle. Mais les pilotes suicide sont connus au Japon sous le nom de "tokkotai" (de "tokko": unité d'attaque spéciale).

L'initiative de la ville de Minami-Kyushu survient à l'approche du 70e anniversaire de la défaite du Japon, le 15 août 1945, dans un pays gouverné aujourd'hui par un Premier ministre nationaliste, Shinzo Abe.

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