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13/05/2015 14:29 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Haïti: rejet de la candidature de la première dame aux sénatoriales

La candidature de Sophia Martelly, l'épouse du président haïtien, aux élections législatives a été officiellement rejetée mercredi par les autorités électorales à cause d'incertitudes concernant sa nationalité haïtienne.

"Nous sommes choqués", a indiqué à l'AFP Grégory Mayard-Paul, l'avocat de Mme Martelly. "C'est une décision inique qui n'est pas basée sur la loi électorale. C'est, en plus et aussi, une violation des droits civils de Sophia Saint-Rémy Martelly", a-t-il ajouté.

Le bureau du contentieux électoral national (BCEN) a donné raison à ceux qui avaient contesté la candidature de l'épouse du chef de l'Etat. Le BCEN a jugé que les pièces du dossier de Mme Martelly étaient insuffisantes pour déterminer sa nationalité haïtienne.

Née à New York, Sophia Martelly avait fourni aux autorités électorales une attestation de renonciation à sa nationalité américaine. Elle avait annoncé sa candidature au Sénat le 23 avril.

Pour sa première participation à une élection, l'épouse du président convoitait le poste de sénateur de l'Ouest, le département qui englobe la région métropolitaine de Port-au-Prince.

La Constitution, amendée en 2012, reconnaît la double nationalité mais le décret électoral publié en mars 2015 précise toujours que pour être candidat à toute élection dans le pays, il faut "n'avoir jamais renoncé à sa nationalité et ne détenir aucune autre nationalité au moment de l'inscription".

La nouvelle du rejet de la candidature de l'actuelle première dame a ravi l'opposition.

Chantal Elie a ainsi multiplié sur Twitter les messages pour commenter ce qu'elle considère être "une excellente nouvelle". Selon elle, c'est le signe que l'administration électorale est indépendante: "Le combat pour l'Etat de droit continue aujourd'hui, demain, toujours... Ne perdons pas espoir! La victoire est proche", a-t-elle écrit sur le réseau social.

En raison d'une crise politique profonde entre le pouvoir exécutif et l'opposition, Haïti n'a pas organisé d'élections depuis plus de trois ans.

Maires, élus locaux, députés, sénateurs et président de la République: plus de 6.000 postes sont à pourvoir lors des scrutins qui doivent se tenir les 9 août, 25 octobre et 27 décembre. Un défi logistique pour le pays miné par une pauvreté endémique.

amb/elm