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13/05/2015 07:27 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Énergie Est : des groupes écologistes en colère contre l'Office national de l'énergie

Une soixantaine de groupes et d'organisations environnementalistes au Canada réclament de l'Office national de l'énergie (ONE) la fermeture de la demande de TransCanada concernant son projet d'oléoduc Énergie Est. Ils exigent que le dossier reste fermé jusqu'à ce que le processus réglementaire fédéral soit révisé.

Plusieurs groupes environnementalistes, dont Équiterre, Greenpeace et Nature Québec, signent une lettre envoyée au président de l'ONE, Peter Watson, en ce sens.

L'Office national de l'énergie a accordé à TransCanada un délai jusqu'au 20 mai pour qu'elle dépose les détails des changements à son plan, à la suite de la décision de l'entreprise d'abandonner son projet de terminal maritime à Cacouna.

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, affirme que l'organisme fédéral souhaite simplement avoir un complément d'information sur le projet en attendant le dépôt des autres documents à la fin de 2015.

Réforme du système réglementaire

Les signataires de la lettre appellent de plus à une réforme du processus réglementaire de l'ONE. Ils croient que le système en place est déficient.

Selon les règles qui encadrent le fonctionnement de l'ONE, seuls les citoyens directement touchés par le projet ou qui possèdent une expertise dans le dossier pourront être entendus.

« Les Autochtones, autant au Québec qu'en Ontario, sont complètement insatisfaits du processus de consultation », ajoute le responsable de la campagne climat-énergie à Greenpeace Canada, Patrick Bonin.

Il affirme que les partis fédéraux doivent s'engager à modifier le système de l'Office national de l'énergie en vue des prochaines élections.

Les groupes environnementaux réclament de nouveau que l'Office prenne en compte les impacts sur les changements climatiques du projet.

« Ce qui est étrange, c'est que l'Office national de l'énergie a permis aux personnes qui souhaitaient donner leur opinion sur le projet de s'inscrire avant même que le processus de demande de TransCanada ne soit terminé, sans égard aux dizaines de milliers de Canadiens qui considèrent que les changements climatiques sont un aspect essentiel pour déterminer si ces projets sont d'intérêt national », se désole pour sa part le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault.

Une campagne de « désinformation », répond TransCanada

De son côté, TransCanada dénonce ce que l'entreprise qualifie de campagne de « désinformation » à l'endroit du projet Énergie Est, ce qui peut faire peur aux investisseurs.

« C'est normal pour un projet de 12 milliards de dollars qui traverse le pays qu'on fournisse d'autres informations supplémentaires en cours de route et ça n'empêche personne de présenter ses opinions sur le projet. On travaille avec les gens », réplique le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, aux groupes écologistes.

TransCanada a confirmé, le 2 avril, l'abandon de son projet de terminal maritime à Cacouna. Au début du mois de mai, le président et chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, a indiqué que le scénario d'un seul terminal au Nouveau-Brunswick représenterait un « dénouement acceptable » pour l'entreprise qui serait quand même capable de répondre aux besoins de ses clients.

L'oléoduc Énergie Est de 4600 km transporterait quotidiennement plus de 1 million de barils de pétrole brut de l'Ouest canadien jusqu'à des raffineries et des terminaux au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Initialement prévue pour la fin de 2018, la mise en service de l'oléoduc Énergie Est a été repoussée à 2020.