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13/05/2015 05:57 EDT | Actualisé 13/05/2016 01:12 EDT

Climat: "Le compte n'y est pas" pour le sommet de Paris (Nicolas Hulot, envoyé du président français)

La plus grande prudence doit être observée quant aux attentes pour la conférence internationale sur le climat à Paris en décembre car "le compte n'y est pas" avec les promesses de réductions des émissions de gaz à effet de serre, a averti mercredi Nicolas Hulot, l'envoyé spécial du président français pour la protection de la planète.

"Tout le monde est d'une extrême prudence car rien n'est joué, dans un sens ou dans l'autre", a-t-il commenté lors d'un point de presse à Bruxelles, à l'issue d'une série de rencontres avec des responsables des institutions européennes.

"Mais il est trop tôt pour céder au défaitisme".

Le fait est que "le compte n'y est pas du tout" avec les engagements de réductions des émissions de gaz à effet de serre soumis aux Nations unies pour tenir l'objectif mondial de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, a-t-il commenté.

Mais toutes les contributions n'ont pas encore été déposées et il manque notamment la contribution de la Chine, plus gros émetteur au monde, a-t-il souligné.

L'Union européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 40% par rapport à leur niveau de 1990 pour 2030.

Les Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur mondial, se sont engagés à les réduire de 26% à 28% par rapport à leur niveau de 2005 pour 2025. La différence entre les dates de référence va poser un problème lorsqu'il s'agira d'évaluer et de comparer les engagements.

Nicolas Hulot juge la contribution des Etats-Unis insuffisante. "J'espère qu'ils n'en resteront pas là et que les paroles très fortes du président Obama ne resteront pas lettre morte".

Un échec de la conférence de Paris ne peut être exclu, a-t-il reconnu. "Si les chefs d'Etats et de gouvernements ne s'investissent pas en amont, alors des résultats de la COP21, le nom officiel de la conférence, seront aléatoires".

Un échec "sera payé comptant", a-t-il averti. "C'est un luxe que l'on ne peut pas se payer", a insisté celui qui a popularisé en France la défense de la planète par des émissions de télévision très populaires. "Mais la menace est invisible et là est toute la difficulté de l'exercice", a averti l'ancien animateur.

"L'enjeu est universel, mais il est encore abordé à travers le prisme national. Comme ça, on n'y arrivera pas. Il faut avoir à l'esprit que nous serons tous gagnants ou tous perdants".

"La voix de l'Europe est loin d'être insignifiante. Elle a la crédibilité et le leadership", a-t-il estimé. "Mais elle n'est pas en situation de donner des leçons à qui que ce soit, en raison de sa responsabilité historique" dans les émissions.

"Les Européens ont toutefois la crédibilité pour faire des recommandations", a-t-il assuré. "Mails ils ne sont pas encore suffisamment synchronisés dans leurs actions. Ils doivent mieux se coordonner dans les initiatives et le partage des tâches".

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