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11/05/2015 10:21 EDT | Actualisé 11/05/2015 10:29 EDT

«Love Songs For Robots» de Patrick Watson: folk et science-fiction (ENTREVUE/VIDÉO)

Patrick Watson et les trois autres brillants musiciens qui forment le groupe montréalais ont plongé dans les mondes de la science-fiction et des rapports humains afin de concevoir le nouvel album Love Songs For Robots.

«Auparavant, les albums avaient un ton assez folk raconte Patrick Watson, lors d’une entrevue accordée à son loft. Et ça demeure. Mais cette fois, j’ai fait de la place à un thème qui influence le nouveau disque. J’adore lire histoires qui touchent la science.»

«Je trouvais ça un peu niaiseux de n’avoir jamais proposé de la musique explorant le sujet. Comme Mishka (Stein, le bassiste), l’un de mes films préférés est Blade Runner (1982). On s’est simplement dit qu’il était temps de travailler cette passion commune. Musicalement, c’est un monde génial pour explorer.»

Joe Grass (guitares) et Robbie Kuster (batterie et percussions), autres musiciens qui complètent la formation, sont également assis autour de la table pour jaser de ce cinquième disque qui marie le R’n’B, le folk et l’électro aux thématiques de la robotique, du futur, de la biotechnologie, des rapports humains et de l’érotisme à la Vangelis, surtout sur les morceaux Love Songs For Robots et Turn Into The Noise.

« Je ne vois pas le futur comme un monde infesté de robots stupides créés à l’image de l’humain comme Terminator, envoie Watson. Quel robot serait intéressé à copier notre apparence? Franchement! (rires) D’après moi, l’avenir sera plutôt fait de technologies alliant la biologie et l’intelligence artificielle. Ça me fascine tout ça. La science-fiction est basée sur de grandes questions philosophiques et politiques. »

Les machines au service du folk

Il n’y a pas si longtemps, Damon Albarn laissait paraître l’opus Everyday Robots (2014), dont la musique, généralement soutenue par les drum-machines, est toutefois assez différente de celle de Love Songs For Robots.

«Notre album est pas mal électro, mais c’est plus subtile », indique Patrick Watson, en admettant qu’il existe une ressemblance au niveau de certains thèmes.

«En musique, on a tout essayé durant le processus créatif, renchérit Joe Grass. On a exploré toutes sortes d’outils numériques, comme les synthétiseurs et les pads (qui sont demeurés sur la pièce Bollywood). Mais l’idée était quand même de laisser de la place à nos instruments de base et aux ambiances folk rock.»

Un changement est donc notable dans la musique du groupe, mais ses membres ont étudié plein de pistes pour atténuer la froideur généralement associée aux atmosphères électroniques. «Les chansons devaient être vivantes, explique Patrick Watson. On a mis beaucoup d’efforts a trouvé des ambiances chaleureuses. On ne peut pas qualifier notre musique comme étant électronique, bien qu’elle soit assez présente.»

«The soul»

Du côté de l’interprétation des paroles, la voix de fausset de Watson est encore passablement éthérée. Mais elle est un brin plus posée. Disons moins rêvasseuse que sur Close to Paradise (2006) ou encore Adventures in Your Own Backyard (2012). Les envolées vocales planantes qui ornementent souvent le travail de Patrick Watson sont toujours présentes, mais elles sont plus contenues et mises à profit dans des univers plus groovy (Hearts, Grace). Selon ce dernier, l’usage du snare (la caisse claire) a permis de laisser davantage de place à sa voix.

Bien entendu, Ces changements en studio s’imposeront sur scène (Patrick Watson a déjà offert quelques concerts liés au nouvel album). Malgré les sonorités électroniques, chaque musicien pourra se concentrer davantage à son instrument de prédilection sur les planches. C’est le cas de Mishka qui, cette fois, pourra jouer beaucoup plus de basse qu’auparavant.

Notons aussi que le guitariste Joe Grass – qui était dans l’entourage du band depuis un moment –, a définitivement pris la place de Simon Angel, qui vaque maintenant à d’autres occupations, dont le projet Thus Owls signé aussi par le label Secret City Records.

Selon Patrick Watson, Love Songs For Robots serait le plus apprécié (pour ceux qui ont pu l’entendre) des cinq albums produits depuis ses débuts en 2000. « Il n’y a pas un énorme changement. The soul is just different. »

Si l’on considère que Patrick Watson a déjà livré une tonne de concerts partout dans le monde au fil des ans, en plus de collaborer à une quinzaine de trames sonores originales comme la série télé The Walkind Dead et le nouveau film 3D de Wim Wenders intitulé Every Thing Will Be Fine, on peut facilement imaginer que la bande sera fort occupée au cours des deux prochaines années.

***

Enregistré aux Capitol Studios de Los Angeles et au studio Pierre Marchand de Montréal, Love Songs For Robots sortira le 12 mai sous étiquette Secret City Records. Pour plus d'informations, c'est ici.

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