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11/05/2015 09:40 EDT | Actualisé 11/05/2015 09:41 EDT

EXCLUSIF : «Unité 9» pourrait voir le jour aux États-Unis

Radio-Canada.ca

Une adaptation d’Unité 9 pourrait voir le jour aux États-Unis. Aetios Productions est présentement en pourparlers avec des producteurs américains pour vendre le format de la série de Danielle Trottier au pays de l’Oncle Sam. Aucune entente n’a encore été conclue mais, aux dires de Martin Bisaillon, directeur, distribution et développement chez Aetios, les négociations ont été très positives jusqu’à maintenant.

«On est allés faire des pitchs à Los Angeles il y a deux semaines, auprès de grands studios comme Warner et Weinstein, et de producteurs indépendants des studios, a expliqué Monsieur Bisaillon, en entrevue avec le Huffington Post Québec, lundi. C’était notre première étape pour parler aux gens de Los Angeles, d’Hollywood. On est allés rencontrer des gens qui développent des formats. On a eu de bonnes rencontres et, en ce moment, on fait le suivi de ces rencontres-là.»

La trame familiale d’Unité 9, celle d’une femme «ordinaire», une Marie Lamontagne, qui tente de survivre derrière les barreaux, d’y trouver le bonheur comme elle peut, qui, grâce à son instruction, vient en aide aux autres prisonnières et devient leader de son unité et même présidente du comité des détenues a, semble-t-il, beaucoup interpellé les Américains, tout comme l’aspect psychologique lié à Léa, la fille adolescente de Marie, qui doit composer avec la culpabilité.

«Eux prennent la recette et l’adaptent à leur manière, a exposé Martin Bisaillon. Les systèmes carcéraux ne sont pas les mêmes partout. Aussi, aux États-Unis, il faudrait adapter la façon de tourner, le nombre d’épisodes. Mais la base demeure la même : l’histoire d’une mère de famille qui prend la responsabilité du crime de sa fille parce qu’elle n’a pas été capable de la protéger d’un grand-père agresseur, qui a elle-même toutes sortes de secrets, qui est obligée d’aller en prison et qui perd le contrôle sur tout. Les Américains ont été très impressionnés par cette ligne-là.Le fait qu’elle n’ait pas commis son crime est très puissant ; ça marche tellement bien au Québec, on espère que ça va marcher aux États-Unis aussi. C’est un thème très fort.»

Lorsqu’on soulève que les États-Unis ont déjà Orange is the new black, série que plusieurs ont comparé à Unité 9, Martin Bisaillon rappelle qu’Unité 9 a pris l’antenne quatre mois avant Orange is the new black, en septembre 2012, et que les deux fictions s’avèrent somme toute différentes l’une de l’autre.

«La première phrase qu’on disait aux Américains, c’était : «Ce n’est pas Orange is the new black, voici pourquoi». Orange is the new black est davantage une comédie, c’est moins dans la tragédie. Unité 9 commençait par une tentative de meurtre.»

«En même temps, il y a de la place pour plusieurs séries dans le milieu carcéral, qui est peu exploré et qui peut se décliner de plusieurs manières. Il y a combien de shows de chirurgiens, de détectives et d’avocats à Los Angeles?»

Les Emmy à Tremblant

La mise sur pied éventuelle de ce chapitre américain s’inscrit dans la démarche de Fabienne Larouche, Michel Trudeau et Aetios d’exporter de plus en plus de formats québécois à l’échelle internationale. Martin Bisaillon arpente les marchés et festivals de partout dans le monde afin de cerner les possibilités, et Aetios consolide aussi sa présence à l’étranger en établissant un réseau dans les événements, comme les remises de prix.

D’ailleurs, Michel Trudeau, Fabienne Larouche, Martin Bisaillon et leur équipe organisent, les 20, 21 et 22 août, à Mont-Tremblant, un jury des International Emmy Awards, où Fabienne siège depuis quelques années. Producteurs du Québec, des Etats-Unis, de la France et de l’Allemagne se réuniront donc pour juger des meilleures séries dramatiques non-francophones européennes aux Emmy. Rappelons que 30 vies a été en nomination aux International Emmy Awards, dans la catégorie Telenovela, en 2013 et en 2014.

«Pour nous, ce sera une belle occasion de leur montrer le Québec et d’échanger avec eux dans un contexte un peu plus détendu, évoque Martin Bisaillon. J’ai soumis au jury une liste de noms pour approbation, avec biographie pour chacun, et eux ont approuvé. Ce sont des gens de l’industrie, des producteurs, réalisateurs, auteurs, etc. On ne peut pas juger les séries de notre territoire, mais c’est une belle catégorie ; il y a de bonnes séries qui se font en Angleterre, dans les pays scandinaves, en Pologne, en Ukraine…»

Tous ces efforts portent leurs fruits. La compagnie française CALT est toujours à l’œuvre pour développer sa propre version d’Unité 9 mais rien n’a encore été officialisé. La France a aussi une option sur 30 vies, tout comme l’Allemagne. Les deux séries ont été nommées au Banff World Media Festival ; 30 vies y est citée pour la quatrième fois, en vue de l’édition qui se déroulera en juin, dans la catégorie Melodrama, aux côtés de Grey’s Anatomy, et Unité 9 y a raflé le Grand Prix des émissions francophones en 2013. On a évidemment de grandes aspirations pour deux séries d’envergure à venir, Blue Moon et Ruptures, et Martin Bisaillon voit même un potentiel à vendre Virginie et ses 1740 scripts.

«C’est un travail de longue haleine, a relevé Martin Bisaillon. Pour nous, ce qui est important, c’est que des producteurs à l’étranger voient du potentiel dans nos formats de séries dramatiques. Les comédies ont beaucoup marché, au Québec, en formats ; Un gars, une fille a presque fait école, mais il y en a d’autres, aussi. Les dramatiques, à l’extérieur du Canada, c’est plus difficile. Mais si les Israéliens, les Hollandais, les Norvégiens et les Suédois sont capables, on ne voit pas pourquoi les Québécois ne le seraient pas aussi. De manière générale, au Québec, il se produit de la méchante bonne dramatique…»

«On a aussi des tentatives de co-productions avec des producteurs français. On croit qu’il est possible de faire des productions franco-québécoises qui marchent pour les deux marchés, pas seulement pour l’un ou l’autre. On a de grandes ambitions de développement pour Aetios, qui vont profiter, si ça marche, à toute la télévision québécoise», a conclu Martin Bisaillon.

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