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Papouasie: Jarkarta lève les restrictions imposées à la presse étrangère

Le président indonésien Joko Widodo a annoncé la fin des restrictions imposées de longue date à la presse étrangère en Papouasie, province de l'est du pays en proie à une rébellion séparatiste.

A compter de dimanche, les journalistes étrangers auront pleinement accès à la province, a déclaré à la presse le président indonésien arrivé au pouvoir en octobre.

Cette décision, qui pourrait toutefois être difficile à mettre en oeuvre, montre la volonté du gouvernement de desserrer le contrôle qu'il exerce sur la Papouasie.

Cette région riche en minerais est le théâtre depuis des années d'une rébellion séparatiste qui oppose des combattants mal armés aux troupes du gouvernement central.

Joko Widodo a promis d'améliorer les conditions de vie dans la province où le développement économique est à la traîne.

Jusqu'à présent, l'accès pour les journalistes étrangers y était très limité. La procédure d'obtention des visas était complexe et aboutissait rarement.

Deux journalistes français qui s'étaient rendus l'été dernier en Papouasie pour réaliser un reportage sans autorisation ont été arrêtés et condamnés en octobre à deux mois et demi de prison. Ils ont été libérés à l'issue d'un procès très critiqué par des ONG dénonçant les atteintes à la liberté d'informer.

D'après Human Rights Watch, la partie est loin d'être gagnée et la presse pourrait se heurter à la résistance d'une partie de l'appareil gouvernemental, en particulier du ministère des Affaires étrangères qui a la mainmise sur la procédure d'octroi de visas. Mais, souligne Andreas Harsono, chercheur pour l'organisation de défense des droits de l'Homme, "il y aura de nombreuses pressions pour mettre en oeuvre la mesure" dans les mois qui viennent.

Le président a également annoncé avoir gracié cinq prisonniers politiques condamnés pour leur rôle lors d'un raid contre un arsenal indonésien en 2003.

Des dizaines de séparatistes papous sont en prison pour trahison.

Le Mouvement de la Papouasie libre (OPM) accuse Jakarta d'entorses graves aux droits des civils papous -- peuple ancestral de Papouasie occidentale -- et de corruption massive.

L'Indonésie a pris le contrôle de la Papouasie, qui constitue la moitié occidentale de l'île de Nouvelle-Guinée, en 1963, après le retrait du colonisateur néerlandais.

sr/jom/ev/cmr

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