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Mal de dos, mal de singe

Les maux de dos seraient un problème de bipède résultant de l'évolution, avance une étude réalisée par des chercheurs de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

Un texte de Francine Plourde

de l'émission Les Années lumière

Pour arriver à cette conclusion, l'anthropologue Kimberly Plomp et ses collègues ont comparé des vertèbres lombaires de 114 squelettes humains datant du Moyen Âge, avec ceux de 56 chimpanzés et de 27 orangs-outans. Ils ont constaté que les vertèbres humaines qui présentaient des lésions ressemblaient plus aux vertèbres de chimpanzés que celles des humains sans lésions.

Ces lésions, appelées nodules de Schmorl, sont le signe d'une hernie intradiscale, qui fait tant souffrir certaines personnes.

Comparer l'homme au singe

La chercheuse Kimberly Plomp a travaillé deux ans sur cette étude. Elle a pris des photos standardisées des vertèbres humaines et animales. Ces photos ont ensuite été modélisées par ordinateur et analysées pour voir les similarités et les différences.

Les chercheurs croient que la similitude vertébrale entre certains humains et les chimpanzés viendrait d'un ancêtre commun. Les hommes et les singes ont évolué chacun de leur côté il y a environ 8 à 9 millions d'années. Les hommes sont devenus bipèdes et les chimpanzés sont restés quadrupèdes.

Une théorie confirmée

Depuis longtemps, les scientifiques soupçonnent l'existence d'un lien entre la marche sur deux jambes et le mal de dos. Mais c'est la première fois que l'on constate une telle ressemblance entre les vertèbres de certains humains et celles des chimpanzés, avec qui nous partageons 98 % de nos gènes.

Les chercheurs ne s'attendaient pas à ce résultat.

Les chercheurs appellent cette découverte « l'hypothèse ancestrale ». Ils cherchent le financement nécessaire pour continuer leurs travaux. Ils veulent vérifier si l'évolution s'est poursuivie depuis le Moyen Âge et s'il y a une différence entre la forme des vertèbres des hommes anciens et modernes.

Évolution et transformations

Notre comportement et nos activités ont beaucoup changé, ce qui pourrait avoir un impact sur notre dos.

Les chercheurs estiment qu'on pourra un jour trouver le moyen de reconnaître, chez un homme vivant, la présence ou non des vertèbres de primates, afin d'élaborer des programmes de prévention, notamment chez les athlètes.

L'étude, publiée dans le journal BMC Evolutionary Biology, n'apporte toutefois pas de réponse en termes de prévention ou de traitement des maux de dos.

Un mal courant

Le neurophysiologiste Serge Marchand estime que 80 % d'entre nous auront un jour ou l'autre un mal de dos aigu. Si la plupart en guérissent, environ 10 % verront leur mal récidiver et, dans certains cas, ils devront vivre avec des douleurs chroniques qui affectent leur capacité de travail et leur qualité de vie.

Le mot d'ordre aujourd'hui tant pour prévenir que pour soigner le mal de dos : bouger. Bouger à la mesure de nos capacités, mais bouger. La sédentarité est le pire ennemi du dos.

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