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La Macédoine, pays où règne un fragile équilibre entre Albanais et Macédoniens

La Macédoine, où des affrontements entre policiers et des hommes armés présumés d'origine albanaise ont fait 22 morts, est un pays multiethnique peuplé majoritairement de Macédoniens slaves orthodoxes et d'Albanais musulmans, entre lesquels règne un fragile équilibre depuis l'accession à l'indépendance en 1991.

- L'INDEPENDANCE -

En 1991, le démantèlement de la Yougoslavie, une fédération de six républiques mise en place par le leader communiste, le défunt Josip Broz Tito, est accompagné de conflits sanglants, en Croatie puis en Bosnie. La Macédoine accède à l'indépendance pacifiquement.

- LE CONFLIT -

Dix ans plus tard, dans ce pays candidat à l'adhésion à l'UE et l'Otan, le mécontentement des Albanais --environ un quart des 2,1 millions d'habitants-- face à leur statut qu'ils considèrent discriminatoire, culmine en 2001 lorsqu'une guérilla albanaise, l'Armée de libération nationale (UCK), se rebelle contre les autorités.

L'UCK réclamait davantage de droits au sein de la société pour la communauté albanaise dans les régions où celle-ci était majoritaire, le long des frontières avec le Kosovo au nord et avec l'Albanie à l'ouest.

- LES ACCORDS D'OHRID -

Le conflit, qui n'a cessé de menacer de tourner à la guerre civile généralisée, ne prendra fin qu'après d'âpres efforts déployés par la communauté internationale pour arracher la signature des accords de paix d'Ohrid (sud-ouest) en août 2001.

Ces accords prévoyaient une amnistie pour les rebelles et portaient également sur le statut de l'albanais, devenu langue officielle dans les zones où les Albanais représentent 20% au moins de la population, la réforme de la police et les amendements à apporter à la Constitution macédonienne.

Par ailleurs, l'usage de l'albanais a été autorisé au Parlement et les lois ont depuis été rédigées à la fois en macédonien et en albanais.

La réforme de la police prévoyait l'augmentation à 23% du nombre de policiers d'origine albanaise qui représentaient seulement 3% du total des effectifs avant le conflit.

- LA SITUATION DE LA MINORITE ALBANAISE -

Les Albanais n'ont certes pas obtenu la "fédéralisation" de la Macédoine, mais l'ex-guérilla, démantelée dans la foulée de la signature des accords d'Ohrid, a opéré une reconversion réussie à la politique en créant l'Union démocratique pour l'intégration (DUI) qui est devenu le principal parti de la communauté albanaise.

Ils sont le principal allié des conservateurs macédoniens VMRO-DPMNE du Premier ministre Nikola Gruevski, qui règne sans partage en Macédoine depuis 2006.

- LE PROCESSUS D'INTEGRATION A L'UE ET L'OTAN -

La Macédoine n'a pas réussi à avancer vers l'UE et l'Otan en raison de l'opposition de la Grèce qui dénie à sa voisine le droit d'utiliser le nom de Macédoine qu'elle juge historiquement grec.

Le différend avec Athènes remonte aux premiers jours de l'indépendance de l'ex-république yougoslave, un contentieux tout au long duquel les Albanais de Macédoine ont approché avec patience et retenue.

Quatorze ans après les accords d'Ohrid la Macédoine fait face à une grave crise économique et elle est restée à la traîne dans l'édification des institutions démocratiques.

Candidate à l'adhésion à l'Union européenne depuis dix ans, cette ex-république yougoslave est en proie à une grave crise politique - qui oppose depuis des mois les principales formations slaves -, l'opposition de gauche et le pouvoir conservateur. Ils échangent depuis le début de l'année des accusations dont la gravité a non seulement ébranlé les institutions du pays, mais est allée jusqu'à inquiéter l'UE.

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