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La cybercriminalité dans la ligne de mire des pays d'Europe de l'Est

Experts en informatique et responsables gouvernementaux d'Europe de l'Est vont plancher lundi à Bucarest sur des remèdes contre les risques d'attaques cybernétiques, devenus plus aigus avec la crise ukrainienne, lors du premier sommet du genre dans la région.

Le ministre adjoint américain du Commerce, Bruce Andrews, et les dirigeants des majors américaines de l'informatique sont également attendus à ce sommet de trois jours, organisé par le ministère roumain de la Société informatique.

Les participants veulent identifier "les menaces et les vulnérabilités ainsi que les moyens de combattre" les risques cybernétiques, "en renforçant la coopération entre les pays de la région", a indiqué le ministère.

"Nous sommes tous susceptibles d'être visés par des cyberattaques, et le terrorisme cybernétique ne connaît pas de frontières", a souligné M. Andrews par courriel à l'AFP.

"Les Etats-Unis participent à ce sommet dans le cadre de leur engagement visant à aider leurs partenaires européens à se protéger", a-t-il ajouté.

Des experts des services de renseignements des 19 pays représentés vont apporter leur expérience et savoir-faire lors de la réunion.

Parmi eux, Florin Cosmoiu, chef du centre national Cyberint mis en place au sein du Service roumain d'informations (SRI).

Dans une interview à l'AFP, il évoque une multiplication, depuis le début de l'année, des "agressions cybernétiques motivées par une idéologie extrémiste et utilisées pour transmettre des messages de propagande islamiste", à l'instar de celle dont a été victime début avril la chaîne de télévision francophone TV5-Monde.

Mais si elle n'a pas été épargnée par des attaques informatiques émanant de radicaux islamistes, l'Europe centrale et orientale est davantage préoccupée par la proximité de l'Ukraine, où le conflit en cours comporte également une composante cybernétique.

"Les soupçons concernant l'implication d'un Etat dans différentes cyberattaques sont extrêmement difficiles à confirmer, vu la complexité croissante des technologies utilisées", souligne M. Cosmoiu.

Toutefois, "l'analyse des récentes attaques ayant visé l'Ukraine et d'autres pays européens a permis d'identifier un schéma des actions russes dans l'espace cybernétique", ajoute-t-il.

"Les opérations militaires conventionnelles en Crimée et dans le Donbass ont ainsi été doublées d'agressions cybernétiques contre les infrastructures informatiques appartenant à des institutions publiques et privées d'Ukraine", précise-t-il.

Inquiète des "actions agressives" de Moscou, l'Otan avait décidé lors de son sommet de septembre à Cardiff de mettre en place cinq fonds de contributions volontaires (trust funds) destinés à épauler l'Ukraine.

Un de ces fonds vise la défense cybernétique. Le projet, dont la gestion a été confiée à la Roumanie, à travers le SRI, prévoit la création en Ukraine d'un centre de collecte des alertes de sécurité et de plusieurs laboratoires chargés de les analyser, a précisé M. Cosmoiou.

Une fois mis en service, en 2017, ce système sera géré par des structures de l'Etat ukrainien.

L'expert du SRI a par ailleurs regretté l'insuffisance des mesures de sécurité prises par les pays d'Europe de l'est, des "vulnérabilités" pleinement exploitées par les cybercriminels.

En visite à Bucarest fin avril, le directeur d'Europol Rob Wainwright avait de son côté exhorté les pays européens à moderniser leurs capacités techniques et à adapter leur législation pour faire face à des attaques informatiques de plus en plus sophistiquées.

La cybercriminalité est "l'une des plus graves menaces à l'adresse de la sécurité", a-t-il martelé.

Louées par le chef d'Europol pour leurs efforts dans ce domaine, les autorités roumaines vont inaugurer au dernier jour du sommet un centre d'innovation dans la cybersécurité, un projet à rayonnement européen financé à hauteur de 800.000 dollars par l'Agence américaine de commerce et de développement (USTDA).

mr/ilp/tll

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