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De nouvelles montagnes à Montréal

Elles viennent d'apparaître dans le paysage de la métropole québécoise. Ces montagnes sur le nouveau Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) sont la création de deux artistes, Simon Rivest et Mathieu Doyon. Cette oeuvre est la deuxième plus importante depuis que le gouvernement réserve des fonds à l'intégration d'art aux bâtiments publics.

Un texte de Marie-Ève Maheu

L'oeuvre de 1 million de dollars fait pas moins de... huit étages.

« On avait beau se figurer que ce serait gros. C'est encore plus gros qu'on le pensait! », dit Mathieu Doyon, heureux de découvrir enfin l'œuvre sur laquelle il a planché durant de nombreux mois avec son partenaire. « Tout est hors norme dans ce projet-là. Nous, on a atteint la limite de grosseur de ce que le logiciel qu'on utilise depuis 20 ans est capable de faire », ajoute Simon Rivest.

Les montagnes ont été « imprimées » directement sur les vitres du nouveau CHUM, avant qu'elles ne soient posées.

Pour l'instant, trois des cinq montagnes ont été installées. Les deux dernières, sommet en bas, le seront dans les prochains jours. À terme, les montagnes doivent former, si l'on observe bien, un électrocardiogramme.

Le stress de devoir créer une œuvre d'une telle ampleur était bien présent. « On se disait : "on va avoir ça dans la face probablement pour le restant de nos jours", on va mettre les critères les plus hauts possible. »

Le choix des montagnes s'est finalement imposé. Un symbole fort, selon eux, pour un endroit où la vie côtoie la mort.

« Ce sont les montagnes que les équipes médicales soulèvent pour te sauver. C'est la maladie qui peut parfois nous sembler comme une montagne à surmonter. C'est aussi un but à atteindre », explique Mathieu Doyon.

Et pour que les images soient faciles à décoder, les artistes ont utilisé des montagnes enneigées et pointues, comme « un dessin d'enfant ».

Le duo d'artistes a voulu que l'oeuvre soit aussi pertinente pour ceux qui la côtoient de près, à l'intérieur de l'édifice. Ainsi, chacune des montagnes est constituée de 15 000 points qui contiennent chacun un mot. Les artistes veulent que les regards des patients s'y perdent pour créer ce que Simon Rivest présente comme « une poésie du hasard ».

« Tous ces mots pour nous font partie de la vie, dit Simon Rivest. C'est mots là, c'est la vie. Tout ça mis en ensemble, c'est la vie en forme de montagne. » D'où le titre de l'œuvre : « La vie en montagne ».

Le plus gros 1 % de l'histoire

« La vie en montagne » est la première de 13 oeuvres au CHUM qui seront financées en vertu de la « politique du 1 % », le programme d'intégration des arts à l'architecture géré par le ministère québécois de la Culture. Au total, 5 millions de dollars seront alloués, ce qui en fait le plus gros 1 % de l'histoire.

Les grands chantiers hospitaliers ont octroyé des sommes record à l'intégration d'oeuvres d'art à l'architecture. Depuis le début de la politique du 1 % en 1961, plus de 3500 oeuvres ont été installées. Certains avec de petits budgets, d'autres avec plus de moyens.

Liste de huit oeuvres majeurs

1 - Centre universitaire de santé McGill (CUSM) : 1,05 million de dollars

« Havre » de Linda Covit, installée en 2014.

2 - CHUM, rue Saint-Denis : 965 000 $

« La vie en montagne » de Mathieu Doyon et Simon Rivest, en cours d'installation.

3 - CUSM, atrium du site Glen : 740 000 $

« Lustre » de Nicolas Baier, installée en 2014.

4 - CUSM, stationnement étagé : 575 000 $

« Coueur à tout » de Michel Goulet, installée en 2014.

5 - Université Concordia : 527 500 $

« Sans titre » de Nicolas Baier, installée en 2004. Photo du Cabinet Braun-Braën, qui l'a installée.

6 - Centre hospitalier universitaire Ste-Justine : 475 000 $

« La promenade des ours! » de Michel Saulnier, en cours de réalisation (installation prévue pour le printemps 2016)

7 - Palais des congrès de Montréal : 460 000 $

« Translucide » de Jean-François Cantin, Michel Lemieux et Victor Pilon en 2002. Photo : Centre de conservation du Québec.

8 - Amphithéâtre de Québec (à déterminer)

1,2 million de dollars sont réservés pour intégrer une oeuvre d'art au nouvel amphithéâtre de Québec. Si les fonds sont accordés à une seule oeuvre, il s'agira de la plus importante de la province.

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