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Barrette pas impressionné par les propositions du sommet sur l'accessibilité

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec n'est pas impressionné des propositions faites par les quelque 300 participants à un sommet sur l'accessibilité au système de santé qui se tenait ce week-end à Montréal.

Les intervenants du réseau de la santé, de même que des citoyens et des représentants politiques, étaient réunis samedi et dimanche pour envisager des solutions de rechange à la réforme proposée par le ministre Gaétan Barrette, dont le projet de loi 20 vise l'amélioration de l'accessibilité à un médecin en leur imposant des pénalités financières s'ils ne respectent pas les quotas de patients.

Les participants au sommet organisé par le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME) demandent au gouvernement « de ne pas imposer une réforme qui ne suscite pas l'adhésion d'une majorité de professionnels du réseau de la santé », et avancent 12 propositions qui, selon eux, répondraient aux mêmes objectifs.

Pour le regroupement, il faut penser autrement, notamment avec l'interdisciplinarité et une révision du mode de rémunération. « L'accessibilité c'est une affaire de multiples professions. Il faut qu'on travaille en équipe. Le ministre Barrette, ce qu'il fait, c'est qu'il travaille juste avec un des facteurs de l'accès. Le ministre Barrette a une logique de facturation à l'acte. Nous ce qu'on dit, c'est qu'il faut réviser ça. Si on veut travailler en équipe avec tous les professionnels de la santé va falloir faire les choses autrement », dit le Dr Simon-Pierre Landry.

Des propositions, comme le fait de permettre aux infirmières ou aux pharmaciens de prescrire certains tests ou médicaments sont déjà dans l'air depuis des années. Mais jusqu'à maintenant elles piétinent ou se butent à des problèmes de financement.

« On n'arrive pas, parce que ça coûte de l'argent, parce que parmi les sept actes que les pharmaciens étaient censés faire, il y a un coût rattaché à ca, et en période de contrainte, on ne peut pas ajouter de l'argent », avance David Levine, ex-ministre délégué à la Santé.

« Je suis très surpris de voir ces propositions-là parce que 10 des 12 propositions sont en voie d'implantation, et les trois quarts des propositions sont des choses qui ne dépendent que des médecins eux-mêmes », a réagi le ministre Gaétan Barrette, sur les ondes d'ICI RDI.

« La pratique interdisciplinaire, ça ne dépend pas de moi. Ça dépend d'eux. Ils n'ont qu'à le faire. Et pourquoi ne l'avaient-ils pas fait avant? », s'est-il interrogé.

« Être ouvert 7 jours sur 7 pendant 12 heures, ça ne dépend pas de moi, ça dépend d'eux. Pourquoi ne le font-ils pas? », a-t-il ajouté. « C'est parce que ça demande à augmenter la capacité d'offres de service de la part des médecins, et c'est le point d'achoppement principal [du projet de loi 20] et pourtant ils n'en parlent pas », a soutenu le ministre Barrette.

Le ministre Barrette a affirmé que les participants au sommet - auquel il ne participait pas - sont « un sous-groupe » qui « ne représente pas nécessairement la majorité ». « Je ne suis pas convaincu que la FMOQ est d'accord pour changer le mode de rémunération », a affirmé le ministre Barrette.

Le ministre soutient que le problème principal est la quantité de patients qui sont traités par les médecins de famille. Il estime qu'il faudrait que ces derniers voient une moyenne de 20 patients par jour, cinq jours par semaine, et ce, 40 semaines par année.

Rien dans les propositions ne va en ce sens. Les participants au sommet de ce week-end misent plutôt sur une réforme plus globale qui, selon eux, devraient répondre aux besoins des patients.

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