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Afrique du Sud: le principal parti d'opposition devrait désigner un leader noir

Le principal parti d'opposition d'Afrique du Sud, l'Alliance démocratique (DA), devrait désigner dimanche son premier leader noir, une révolution pour cette formation toujours très blanche qui doit étendre son électorat si elle veut concurrencer l'ANC.

"Ce congrès est un tournant, non seulement pour la DA, mais aussi pour l'Afrique du Sud", a lancé samedi Helen Zille, qui quitte la tête du parti, en ouvrant son congrès à Port Elizabeth (sud).

Le grand favori pour lui succéder est Mmusi Maimane qui, à 34 ans, est depuis un an le chef du groupe parlementaire de la formation à l'Assemblée nationale sud-africaine.

Diplômé en théologie et brillant orateur, il a grandi à Soweto, le célèbre township de Johannesburg qui fut en pointe dans la lutte contre l'apartheid, dans une famille ANC.

Considéré comme le protégé d'Helen Zille depuis qu'il a rejoint le parti en 2009, Mmusi Maimane a été tête de liste DA aux élections municipales à Johannesburg en 2011 et a conduit la liste du parti l'an dernier dans la province du Gauteng (Johannesburg et Pretoria). Avec à chaque fois des scores honorables face à l'ANC, le parti de Nelson Mandela.

Il est notamment opposé à Wimot James, 61 ans, un vétéran de l'Alliance démocratique, un parti qui a ses origines dans un petit mouvement blanc opposé au régime raciste.

Les délégués ont voté dimanche matin et l'annonce des résultats est attendue vers 13H00 (11H00 GMT).

La très dynamique Helen Zille, une ancienne journaliste qui a dirigé la DA pendant huit ans, n'a officiellement pas désigné de favori.

"Alors que nous approchons des élections municipales de l'an prochain, et ensuite de 2019 (année des prochaines législatives, ndlr), nous devons rester unis et inébranlables (...). Et, si nous nous en tenons à notre plan, la DA sera le pilier d'un gouvernement au niveau national dans un avenir proche", a lancé Mme Zille.

La DA n'est plus grâce à elle le "parti de Blancs" que brocardent toujours l'ANC et des alliés. Elle rassemble désormais l'essentiel des électeurs blancs (9% de la population), métis (9% aussi) et indiens (2%). Et aussi un nombre croissants de Noirs déçus par le parti dominant.

"Nous avons progressé de 338.000 voix en 1994 (premières élections démocratiques après la fin de l'apartheid, ndlr) à plus de 4 millions l'an dernier. ce faisant, la DA est devenu le parti le plus multiracial que l'Afrique du Sud n'a jamais eu", a lancé Mme Zille samedi.

Mais pour de nombreux observateurs, il lui faut faire plus: le parti -- qui a réuni 22,2% des voix aux législatives de 2014 et contrôle la province et la ville du Cap -- n'a d'autre choix que de désigner un chef de couleur s'il veut également percer dans la majorité noire du pays (80% de la population) et inquiéter l'ANC.

Ecrasant la scène politique sud-africaine depuis 1994, l'ANC a toujours remporté plus de 60% des suffrages.

Mais s'il est encore auréolé de son rôle décisif dans la victoire contre l'apartheid, le parti dominant est de plus en plus critiqué, notamment en raison de ses piètres performances économiques. La croissance n'arrive pas à décoller, le chômage touche le quart de la population active, les coupures d'électricité se multiplient...

"Pendant l'essentiel des deux dernières décennies, nos batailles politiques ont été une histoire de Noirs contre Blancs, l'ANC semblant être le parti de ceux qui étaient autrefois oppressés (sous l'apartheid) et la DA un parti représentant les intérêts des Blancs", a relevé le Sunday Times dans un éditorial dimanche.

"L'élection d'un nouveau leader à la DA va contribuer à changer cela", ajoute-t-il.

La personnalité de Mmusi Maimane devrait aider, selon l'hebdomadaire, mais "il devra être autre chose qu'un visage noir souriant" et attirer de nouveaux électeurs dans les townships sans pour autant faire fuir ceux qu'Helen Zille avait rassemblés.

Le parti devra notamment adopter une ligne claire.

D'inspiration libérale, et partisan de l'égalité des chances pour tous, il a notamment changé d'avis à plusieurs reprises ces dernières années face à la politique de discrimination positive menée par l'ANC pour favoriser les Noirs à l'embauche.

sk-liu/jlb

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