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07/05/2015 17:12 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Uruguay : une fillette de 11 ans, enceinte, refuse d'avorter

Le cas, révélé jeudi, d'une fillette de 11 ans, enceinte et ne souhaitant pas avorter, a créé la polémique en Uruguay, alors qu'au Paraguay, la grossesse d'une petite fille de 10 ans suscite depuis plusieurs jours un débat public.

En Uruguay, la fillette est tombée enceinte du grand-père de sa demi-soeur, âgé de 41 ans, lors des fréquentes visites de celui-ci au domicile familial à Montevideo, ont expliqué à l'AFP des sources proches du dossier ayant requis l'anonymat. "C'est durant ces visites que s'est produit l'abus de la part de l'adulte", ont indiqué ces sources.

La petite fille, désormais enceinte de 16 semaines environ, est hospitalisée dans le service pédiatrique de l'hôpital Pereira Rosell, dans la capitale. Elle ne souhaite pas avorter.

L'Uruguay a légalisé l'avortement jusqu'à 12 semaines de gestation en 2013, après des décennies de débat sur le sujet. La loi permet, en cas de viol, d'avorter jusqu'à 14 semaines.

Selon des sources proches de la famille, la fillette présente un léger retard mental et des problèmes d'apprentissage, mais elle n'a pas été reconnue comme handicapée.

Les rapports médicaux, cités par la presse locale, confirment que la fillette "n'a pas la capacité de comprendre les conséquences de la grossesse, la maternité et la relation avec un homme qui a trois fois son âge", notant le "retard, au moins léger" qu'elle présente au niveau mental.

"Il n'existe pas de risque pour la vie de la fillette ni pour le bébé, nous ne pouvons pas l'obliger à avorter", a expliqué au journal La Diaria la directrice de la Division santé de l'Institut de l'enfant et de l'adolescent d'Uruguay (Inau), Monica Silva.

Selon des porte-parole de l'hôpital, la mineure est en bonne santé et sous surveillance médicale.

Le quotidien El Observador rappelle que, ces trois dernières années, l'Inau a suivi trois cas de fillettes de 11 et 12 ans enceintes.

Cette affaire survient alors qu'au Paraguay, le cas d'une fillette de 10 ans, violée par son beau-père et désormais enceinte de cinq mois, a provoqué ces derniers jours un débat public entre défenseurs de la loi, qui n'autorise l'avortement qu'en cas de danger pour la vie de la mère et uniquement jusqu'à la 20e semaine de grossesse, et partisans d'un assouplissement en cas de viol.

L'Unicef s'est alarmée mercredi de ce cas, notant que, dans ce pays, chaque jour deux fillettes de 10 à 14 ans accouchent, et critiquant le manque de protection pour les enfants victimes d'abus sexuels.

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