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07/05/2015 19:49 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

RDC: l'ONU prête à agir séparément contre les rebelles rwandais (responsable)

Les forces de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) se préparent à agir séparément contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) car la coopération avec Kinshasa est toujours bloquée, a indiqué jeudi un haut responsable de l'ONU.

"Pour le moment, le gouvernement congolais ne veut pas créer les conditions qui nous permettraient de soutenir à nouveau les FARDC (forces gouvernementales) et d'opérer conjointement" dans l'est de la RDC, a déclaré à la presse le patron des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous.

"Il faut aller de l'avant", a-t-il affirmé en soulignant que le Conseil de sécurité autorisait la Monusco (Mission de l'ONU en RDC) à "agir unilatéralement". "Nous menons des préparatifs à cet effet", a-t-il ajouté sans donner de détails.

La Monusco a suspendu depuis février son soutien aux opérations de l'armée congolaise contre les FDLR, l'ONU reprochant à Kinshasa d'avoir nommé pour mener cette offensive deux généraux coupables de violations des droits de l'homme.

M. Ladsous, qui venait de rendre compte au Conseil de sa récente visite en RDC, a déploré ce "blocage" persistant.

"J'ai offert aux Congolais un certain nombre de solutions (..) car il faut reprendre et intensifier les actions contre les FDLR et les ADF (rebelles ougandais) mais, pour le moment, le gouvernement congolais n'accepte pas", a-t-il expliqué.

Il a reconnu que même pour opérer séparément, la Monusco "avait besoin d'un minimum de coopération de la part de l'armée congolaise".

Deux Casques bleus tanzaniens ont péri mardi dans une embuscade survenue dans le nord Kivu, théâtre de massacres imputés ces derniers mois aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF).

Les FDLR sont des rebelles hutus rwandais présents dans l'est de la RDC depuis 1994. Plusieurs de ses chefs sont recherchés par la justice internationale pour leur participation présumée au génocide de 1994 contre les Tutsi dans leur pays, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU

avz/elm