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07/05/2015 18:43 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Procès Duffy : de nouveaux documents sur les efforts du bureau du PM pour contenir la crise

En février 2013, l'entourage de Stephen Harper est à la recherche d'une solution pour calmer la crise au Sénat et protéger Mike Duffy. Nigel Wright, alors chef de cabinet du premier ministre, explique dans un courriel : « Le but, c'est d'isoler Mike et de l'empêcher d'aller sur des tribunes publiques pendant les fins de semaine ».

Un texte de Daniel Thibeault

Le document de 135 pages offre de nouveaux détails sur les efforts déployés par le bureau du premier ministre et le leadership conservateur au Sénat, pour protéger le sénateur Duffy et contenir un scandale qui prenait des proportions alarmantes.

Il donne aussi un aperçu des démarches effectuées pour altérer des rapports de vérification interne au Sénat.

Jill Anne Joseph était à l'époque la responsable des vérifications internes au Sénat. Elle a expliqué aux policiers que durant la préparation d'un rapport sur les dépenses du sénateur Duffy, les sénateurs conservateurs Caroline Stewart Olsen et David Tkachuk, ont réclamé des modifications à plusieurs reprises.

À un certain point, elle indique aux policiers : « La sénatrice Stewart Olsen voulait qu'on supprime encore plus (d'éléments) du rapport. Pour moi, ce rapport devenait très mince. Il y avait très peu pour justifier un remboursement qui avait déjà été fait ».

Mike Duffy a plaidé non-coupable à 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption. Son avocat espère utiliser les documents déposés en cour pour forcer le Sénat à abandonner son privilège parlementaire et obtenir une copie du rapport de vérification et des ébauches qui n'ont jamais été rendus publics.

Des vagues au Parlement

Ces nouveaux documents ont ravivé les ardeurs des partis d'opposition. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, accuse le gouvernement d'avoir voulu camoufler des éléments de l'enquête interne.

« La GRC est catégorique. Devant les tribunaux, elle affirme que, pendant l'enquête, le rapport est arrivé jusqu'au bureau du premier ministre lui-même », a lancé M. Mulcair durant la période de questions aux Communes. « Est-ce que le premier ministre peut nous dire pourquoi son bureau a trafiqué les détails de ce rapport de vérification? Qu'est-ce qu'ils essaient de cacher? Qui essaient-ils de protéger? », a-t-il ajouté.

C'est le secrétaire parlementaire du premier ministre qui a répondu au barrage de questions à ce sujet aujourd'hui. « L'affaire est devant les tribunaux. Faire plus de commentaires est inapproprié », a indiqué Paul Calandra en chambre.

Rencontrée à son arrivée au Sénat, Caroline Stewart Olson a indiqué qu'elle ne pouvait rien dire sur cette affaire.

D'autres députés témoignent au procès

Pendant ce temps, la Couronne a fait témoigner d'autres députés au procès du sénateur Duffy. Ron Cannan, un conservateur de la région de Kelowna, est venu expliquer qu'en 2009, il avait demandé à Mike Duffy de venir participer à un événement dans sa circonscription.

Le sénateur y a passé une nuit et a participé à un rallye organisé par l'association conservatrice locale. « C'était une activité partisane », a-t-il expliqué dans son témoignage.

Donald Bayne, l'avocat de Mike Duffy, soutient que le travail partisan fait partie du mandat d'un sénateur. Il laisse aussi entendre que Mike Duffy a profité de son voyage pour faire du travail de nature parlementaire. Le député Cannan n'avait aucun souvenir de rencontre de travail organisé par Mike Duffy, durant sa visite.

Une pause

Le procès prend une pause vendredi pour trois semaines en raison d'autres engagements pris par les avocats aux dossiers. Le procès doit reprendre le 1er juin, mais déjà les partis tentent de trouver une période convenable pour prolonger le procès de quelques semaines.