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07/05/2015 15:09 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Pour les Européens, effacer la dette grecque est "impossible politiquement" (Dijsselbloem)

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro a indiqué dans une interview au Monde parue jeudi qu'il serait "impossible politiquement" d'effacer la valeur nominale de la dette grecque, même s'il est possible d'aménager les créances.

"La discussion sur l'allègement de la dette n'est pas taboue. La seule chose impossible politiquement c'est un effacement de sa valeur nominale (320 milliards d'euros environ)", a dit Jeroen Dijsselbloem, qui en tant que président de l'Eurogroupe joue un rôle clef dans les discussions en cours avec Athènes.

Le Néerlandais a rappelé qu'un tel "allègement" avait été évoqué dès novembre 2012 au niveau européen, à condition que le gouvernement grec remplisse les conditions posées par ses partenaires.

Un "allègement" de la dette grecque pourrait par exemple passer par un rééchelonnement, ou des échanges de titres. Un "effacement" serait une initiative plus radicale, forçant les créanciers de la Grèce, parmi lesquels les Etats européens, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne, à inscrire des pertes dans leurs comptes.

Lors d'un entretien qui sera diffusé vendredi sur RFI et samedi sur France24, le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a également affirmé que "la question de la dette grecque, elle sera traitée (...) ultérieurement" mais "pas sous forme de +haircut+ ou d'effacement des dettes, ça je crois que les Européens n'en veulent pas".

"Pour le moment, concentrons nous sur l'essentiel, les réformes. Et là-dessus, il ne faut pas se tromper: les institutions européennes sont main dans la main", a-t-il ajouté.

La gauche radicale Syriza au pouvoir à Athènes avait fait campagne sur un effacement pur et simple d'au moins une partie de la dette de la Grèce, qui représente plus de 175% de son produit intérieur brut, c'est-à-dire de la valeur créée par son économie en une année.

Le sujet est ensuite passé à l'arrière plan des négociations du pays avec ses créanciers, qui portent davantage sur les liquidités dont Athènes a besoin à très court terme sous peine d'asphyxie financière.

Mais la question de la dette grecque est revenue sur le tapis ces derniers jours. Elle suscite des tensions entre les créanciers d'Athènes, plus précisément entre le FMI, qui plaide pour un effacement partiel, et les Européens, pour lesquels il s'agit d'une ligne rouge. Que M. Djisselbloem s'est donc chargé de rappeler.

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