NOUVELLES
07/05/2015 12:02 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

New York: Les jurés s'enlisent dans l'affaire Etan Patz

Après 16 jours de délibérations, les jurés dans le procès du meurtrier présumé d'Etan Patz, un petit garçon disparu il y a 36 ans à New York, n'étaient toujours pas parvenus jeudi à un verdict.

Cette durée de délibérations est l'une des plus longues à New York depuis 30 ans.

Depuis qu'ils ont commencé à délibérer le 15 avril, les 12 jurés ont fait savoir par deux fois au juge qu'il n'arrivaient pas à un consensus, la dernière fois mardi.

Par deux fois, le juge Maxwell Wiley, de la State Supreme Court, leur a demandé d'essayer encore.

Le procès du meurtrier présumé, Pedro Hernandez, 54 ans, avait démarré fin janvier.

Dénoncé par un beau-frère, il avait avoué le meurtre en 2012, laissant espérer que le mystère de la disparition d'Etan, 6 ans, le 25 mai 1979 en plein New York, était enfin résolu.

Cette disparition, alors qu'Etan allait pour la première fois, prendre le bus scolaire à côté de chez lui, dans le quartier de Soho à Manhattan, avait traumatisé la ville et une génération entière de parents américains.

Rien n'a jamais été retrouvé du petit garçon, ni aucun témoin.

M. Hernandez, 18 ans à l'époque, travaillait dans une épicerie près de l'arrêt de bus. Il avait dans ses aveux déclaré avoir attiré l'enfant dans le sous-sol de l'épicerie, en lui promettant un soda, et l'avoir étranglé. Il avait ensuite mis le corps de l'enfant dans un sac plastique, placé le sac dans un carton et était allé le porter dans une ruelle proche avec les poubelles, selon ces aveux.

Ses avocats ont souligné qu'il avait un QI de 70, très largement inférieur à la moyenne, et ont plaidé la maladie mentale.

Ils ont affirmé qu'Hernandez, qui s'était ensuite rétracté, avait du mal à faire la différence entre fiction et réalité, et avait inventé ses aveux sous la pression.

Les procureurs ont eux souligné qu'il avait évoqué le meurtre dès 1979, se confiant à des personnes fréquentant son église, et à plusieurs reprises ensuite, dans des versions variables.

L'affaire est d'autant plus complexe pour les jurés qu'un autre homme, Jose Ramos, emprisonné pour une autre agression d'enfant, a été déclaré responsable de la mort d'Etan, dans une procédure civile en 2004, sans pour autant être poursuivi.

Le visage du bambin blond aux yeux bleus, dont le père était photographe, avait été placardé pendant des mois après sa disparition sur d'innombrables affiches, sur des écrans à Times Square et jusque sur les boîtes de lait, une première aux Etats-Unis.

Mais en vain. Etan avait officiellement été déclaré mort en 2001.

Sa disparition a donné naissance aux Etats-Unis au Centre des enfants disparus, réseau désormais international.

bd/vog