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07/05/2015 19:48 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Législatives britanniques: douche écossaise pour le Labour

"C'est une très très mauvaise soirée": mines abattues, des membres du Labour constataient avec dépit jeudi soir à Glasgow l'effondrement de leur parti en Ecosse, où les indépendantistes du SNP étaient crédités de 58 des 59 sièges de la région.

Les premiers sondages annonçant le triomphe du SNP aux législatives ont été publiés au moment où commençaient les opérations de dépouillement à l'Emirates Arena de Glasgow, un complexe sportif où des dizaines et dizaines de personnes triaient les bulletins en présence de membres des différents partis.

"C'est objectivement une très très mauvaise soirée pour le Labour à travers le Royaume-Uni", a déclaré à l'AFP Matt Kerr, membre de l'équipe de campagne d'un candidat travailliste.

"Nous avions un programme très radical, le plus radical de ces 20, 25 dernières années, et malheureusement pour nous, en particulier en Ecosse, il a été rejeté", a-t-il ajouté.

- "Lien perdu" du Labour avec les Ecossais -

Interrogé sur les raisons de la déroute travailliste en Ecosse, qui fut longtemps un fief du Labour, il a estimé que le parti "n'était plus aussi connecté avec les gens" qu'il avait pu l'être par le passé. "Nous avons perdu ce lien", a-t-il insisté.

Devant la buvette de l'Emirates Arena, d'autres membres du parti, le visage défait, comme assommés par l'ampleur de leur défaite, étudiaient les premiers résultats sur leurs téléphones portables.

Les mines étaient en revanche réjouies du côté des militants du SNP, qui commençaient à savourer leur victoire même si Nicola Sturgeon, la leader du SNP, ne cédait pas au triomphalisme, invitant à considérer les résultats du sondage de sortie des urnes avec la plus grande prudence.

"Nous avons mené une campagne très positive et ce soir nous sommes très heureux", a dit James Dornan, membre du parlement écossais. "C'est un résultat fantastique".

Malgré le score des conservateurs du Premier ministre David Cameron, qui ont frôlé la majorité absolue, M. Dornan a estimé que le chef de l'opposition travailliste, Ed Miliband, avait toujours sa chance.

"Si Miliband peut avoir suffisamment de sièges avec l'aide du SNP, il n'y a aucune raison que Cameron soit encore Premier ministre", a-t-il estimé, appelant le leader du Labour à agir "en adulte". Ce dernier a indiqué au cours de la campagne qu'il ne passerait aucun accord avec les indépendantistes.

Alors que le résultat du SNP pourrait poser avec insistance la question d'un nouveau référendum d'indépendance, M. Dornan a souligné que la question ne se posait pas, à ce stade.

"Ce n'est pas un vote pour le référendum, mais pour donner plus de voix à l'Ecosse au parlement de Westminster", a-t-il assuré.

Selon un sondage réalisé par les principales chaînes de télévision britanniques, les nationalistes du SNP arrivent en troisième position derrière les conservateurs qui obtiendraient 316 sièges et les travaillistes qui en comptabiliseraient 239.

Ce score, s'il se confirme, constitue un véritable coup d'éclat de la part des nationalistes, quelques mois seulement après l'échec de leur campagne pour le "oui" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, remporté par le camp du "non" (55,3%) le 18 septembre.

A contrario, ce succès entérine l'effondrement du parti travailliste dans la région septentrionale, autrefois considérée comme sa chasse gardée: le Labour est en passe d'y perdre la totalité de ses 41 sièges.

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