NOUVELLES
07/05/2015 14:15 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Le Kremlin rêve d'un "nouveau Yalta", selon un historien russe

Le Kremlin "rêve d'un nouveau Yalta", a déclaré l'historien russe Nikita Petrov, lors d'un débat d'historiens marquant jeudi à Gdansk en Pologne le début des cérémonies du 70e anniversaire de la fin de la IIe guerre mondiale.

Le Kremlin "rêve d'un nouveau Yalta, mais ce rêve est une aberration, car il n'y a plus rien à partager", a déclaré M. Petrov, de l'association de défense des droits de l'homme Memorial.

"Il n'y aura pas de Yalta 2", même si "la Russie ne sait pas accepter sa défaite historique", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, lors d'un débat historico-politique sur "les leçons tirées de la Deuxième guerre mondiale et leur signification aujourd'hui", sous la houlette du président polonais Bronislaw Komorowski et en présence de plusieurs chefs d'Etat d'Europe centrale et orientale, du secrétaire général de l'ONU et du président du Conseil européen, d'historiens allemands, polonais et russes, mais aussi britanniques et français, un autre historien russe, Iouri Afanassiev, a dénoncé la renaissance du stalinisme en Russie sous la forme d'un "nazisme russe poutinien-orthodoxe-tchékiste" (du nom de la première police politique soviétique, la Tchéka).

M. Afanassiev, célèbre pour avoir cherché à rendre leur passé aux Soviétiques à l'époque de la perestroïka menée par Mikhail Gorbatchev, a affirmé que ce processus se traduit par une "coupure totale des Russes des ressources (d'information) étrangères, qui fait d'eux une masse humaine, incapable de se développer, de s'organiser, voire d'avoir une identité". A la base de ce phénomène se trouve le "ressentiment russe, une maladie qui touche tant l'homme ordinaire que les élites et même le président", a-t-il encore asséné.

Dans la matinée, l'actualité la plus récente a fait irruption dans le débat, à savoir la politique de la Russie et notamment son intervention en Ukraine.

Le professeur Adam Rotfeld, ex-ministre polonais des Affaires étrangères et co-président du Groupe russo-polonais sur les problèmes difficiles, a estimé que "l'Ukraine, pour garder son orientation européenne, acceptera que la Crimée, la +République populaire de Donetsk+ et celle de Lougansk ne fassent pas partie de son territoire pendant longtemps".

La réunion politique à Gdansk, à l'initiative du président Komorowski qui brigue un second mandat lors de l'élection dont le premier tour est prévu dimanche, a été perçue à Moscou comme un contre-événement, destiné à concurrencer le traditionnel défilé du 9 mai sur la Place Rouge.

Ce défilé doit être boudé par les Occidentaux en raison du rôle joué par la Russie en Ukraine. La France et l'Allemagne ont décidé d'envoyer en Russie leurs ministres des Affaires étrangères, mais ils n'assisteront pas au défilé.

via/mr