NOUVELLES
07/05/2015 09:48 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Le Kremlin rêve d'un "nouveau Yalta", selon un historien russe

Le Kremlin "rêve d'un nouveau Yalta", a déclaré l'historien russe Nikita Petrov, lors d'un débat d'historiens marquant jeudi à Gdansk en Pologne le début des cérémonies du 70e anniversaire de la fin de la IIe guerre mondiale.

Le Kremlin "rêve d'un nouveau Yalta, mais ce rêve est une aberration, car il n'y a plus rien à partager", a déclaré M. Petrov, de l'association de défense des droits de l'homme Memorial.

"Il n'y aura pas de Yalta 2", même si "la Russie ne sait pas accepter sa défaite historique", a-t-il ajouté.

En attendant le débat politique sur "les leçons tirées de la Deuxième guerre mondiale et leur signification aujourd'hui", prévu jeudi soir sous la houlette du président polonais Bronislaw Komorowski et en présence de plusieurs chefs d'Etat d'Europe centrale et orientale, du secrétaire général de l'ONU et du président du Conseil européen, des historiens allemands, polonais et russes, mais aussi britanniques et français, se sont penchés sur la victoire de 1945 pour examiner les visions divergentes qu'en ont nourries Soviétiques et Occidentaux.

Mais l'actualité la plus récente a fait irruption dans leurs travaux, à savoir la politique de la Russie et notamment son intervention en Ukraine.

Le professeur Adam Rotfeld, ex-ministre polonais des Affaires étrangères et co-président du Groupe russo-polonais sur les problèmes difficiles, a estimé que "l'Ukraine, pour garder son orientation européenne, acceptera que la Crimée, la +République populaire de Donetsk+ et celle de Lougansk ne fassent pas partie de son territoire pendant longtemps".

Il a cherché à expliquer le raisonnement du Kremlin en indiquant que le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, prônait le retour à "l'Europe de Metternich" du début du XIXe siècle, gouvernée cette fois-ci par la troïka USA-UE-Russie.

La réunion politique à Gdansk, à l'initiative du président Komorowski qui brigue un second mandat lors de l'élection dont le premier tour est prévu dimanche, a été perçue à Moscou comme un contre-événement, destiné à concurrencer le traditionnel défilé du 9 mai sur la Place Rouge.

Ce défilé doit être boudé par les Occidentaux en raison du rôle joué par la Russie en Ukraine. La France et l'Allemagne ont décidé d'envoyer en Russie leurs ministres des Affaires étrangères, mais ils n'assisteront pas au défilé.

via/mrm/lpt