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07/05/2015 05:21 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Le chef des indépendantistes flamands prend ses distances avec la collaboration

Le chef des indépendantistes flamands, Bart De Wever, a clairement pris ses distances avec la collaboration entre les nationalistes flamands et les nazis, un sujet sur lequel son parti a toujours cultivé l'ambiguïté.

"Mon propre grand-père était membre de la VNV (la Ligue nationale flamande, Vlaams Nationaal Verbond en néerlandais, ndlr), le parti nationaliste flamand qui a massivement participé à la collaboration", a déclaré Bart De Wever mercredi soir lors d'une commémoration de l'Holocauste à Anvers (nord de la Belgique), en présence de représentants de la communauté juive.

"Je veux regarder ce passé droit dans les yeux. Cette collaboration a été une faute terrible, sur tous les plans", a ajouté le président de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), qui est également bourgmestre (maire) d'Anvers.

"C'est une page noire de l'histoire que le nationalisme flamand doit regarder en face et qu'il ne peut jamais oublier", a ajouté Bart De Wever, historien de formation.

"Le nazisme et la Shoah ont été des fautes criminelles. Personne ne peut le nier et il n'y a rien à nuancer", a encore dit le maire d'Anvers, ville qui accueille une importante communauté juive orthodoxe.

La N-VA est le plus important parti du gouvernement de droite qui dirige la Belgique depuis octobre 2014 sous la houlette du Premier ministre libéral francophone Charles Michel.

C'est la première fois que le N-VA, issu de la mouvance nationaliste flamande, qui a longtemps réclamé l'amnistie pour les anciens collaborateurs, participe à un gouvernement belge, tout en défendant la création d'une Flandre républicaine et indépendante.

Ses ministres avaient rapidement fait naître plusieurs polémiques, notamment après que le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, eut déclaré en octobre que les Flamands ayant collaboré avec les Allemands pendant la guerre "avaient leurs raisons".

Il avait alors reçu le soutien de M. De Wever. "Évidemment que des gens ont eu des raisons de rejoindre la collaboration. Il y en a eu tellement", avait-il jugé. L'ancien pape Benoît XVI, Joseph "Ratzinger appartenait aux Jeunesses hitlériennes, (l'ancien président français François) Mitterrand a été collaborateur. Le roi de Belgique a été prendre le café chez Hitler pour lui demander s'il pouvait prendre le pouvoir", avait énuméré M. De Wever.

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration N-VA, Theo Francken, avait dû s'excuser pour s'être rendu au 90e anniversaire d'un ancien collaborateur. Il avait aussi affirmé en 2011 qu'il pouvait "percevoir la plus-value des diasporas juive, chinoise et indienne", mais pas celle de l'immigration "marocaine, congolaise et algérienne".

axr/siu/cmr