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07/05/2015 12:17 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

La France intensifie son enquête sur les soldats soupçonnés de viols

PARIS - Les autorités françaises ont ouvert une enquête judiciaire formelle concernant les allégations d'agressions sexuelles d'enfants dont font l'objet des soldats qui ont été déployés en République centrafricaine.L'enquête est maintenant entre les mains de juges d'instruction, plutôt qu'entre les mains du bureau du procureur de Paris, ce qui témoigne du sérieux et de la complexité d'un dossier qui a semé l'émoi à l'échelle internationale.Le bureau du procureur de Paris avait lancé une enquête l'été dernier, après que le ministère français de la Défense ait été informé des allégations. Le quotidien britannique The Guardian a éventé l'affaire la semaine dernière, neuf mois plus tard.Le bureau du procureur de Paris affirme que l'ONU a refusé à deux reprises de lui permettre d'interroger la fonctionnaire qui a rédigé le rapport à l'origine des allégations.«La hiérarchie onusienne a cependant refusé cette audition», en rappelant que la fonctionnaire jouissait d'une immunité qui devrait être levée avant qu'elle ne soit rencontrée, a indiqué le bureau du procureur par voie de communiqué. L'auteure du rapport n'est pas identifiée.Le communiqué déplore aussi le délai de six mois qui s'est écoulé pendant que les enquêteurs français tentaient d'obtenir des réponses d'elle — ce qui a culminé avec des réponses écrites reçues le 29 avril, qui ont ensuite donné naissance à l'enquête annoncée jeudi.Les autorités françaises ont décidé jeudi de porter l'enquête au niveau d'enquête judiciaire dirigée par des juges indépendants, a annoncé le bureau du procureur.Plus tôt jeudi, un porte-parole du ministère de la Défense, Pierre Bayle, avait indiqué que le ministère se préparait à dévoiler un rapport militaire sur cette affaire, en réponse au ministère de la Justice.Les soldats soupçonnés d'avoir agressé sexuellement des enfants en échange de monnaie ou de nourriture avaient été déployés en République centrafricaine pour protéger les populations civiles des violences sectaires.