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07/05/2015 05:53 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

L'UE refuse de céder face à la Russie sur un accord commercial avec l'Ukraine

Bruxelles ne cèdera pas aux pressions de la Russie qui demande le report d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Ukraine, a annoncé jeudi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Cet accord de libre-échange, qui lève des barrières douanières dans les deux sens sur des centaines de produits, doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016.

"Ce n'est pas à la Russie de décider. L'Union européenne, les Etats membres, les Ukrainiens, Juncker", le président de la Commission européenne, "ont tous dit que la date est le 1er janvier 2016", a déclaré Mme Malmström en arrivant à une réunion des ministres européens du Commerce.

"Nous sommes d'accord pour discuter avec les Russes sur des difficultés d'ordre pratique. Nous le ferons. Il y aura une réunion ministérielle plus tard ce mois-ci pour trouver des solutions pratiques", a-t-elle ajouté. "Mais la date est le 1er janvier 2016", a-t-elle insisté.

L'accord de libre-échange constitue le volet commercial de l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine signé en juin 2014. Il devait initialement être appliqué dès novembre dernier, mais les Européens avaient repoussé la date après la conclusion d'une première trêve des combats dans l'Est de l'Ukraine, en septembre.

Ce geste avait été interprété comme une façon d'amadouer la Russie, accusée d'avoir fourni aux séparatistes prorusses un soutien sous la forme d'armes et de soldats.

Moscou dénonce de longue date l'accord d'association, y voyant une intrusion dans sa sphère d'influence et un obstacle commercial à ses exportations. Des réunions entre experts européens, russes et ukrainiens se sont tenues à Bruxelles les 20 et 21 avril.

"La partie russe a informé les deux autres délégations que nous avons identifié des risques pour l'économie russe, pour les relations économiques entre la Russie et l'Ukraine et la coopération entre la Russie et l'UE", a expliqué l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Chizhov.

"Ce fut une discussion positive, chacun a essayé de faire preuve de flexibilité", a souligné une source diplomatique européenne. "Mais à la fin, la Russie a demandé le report du volet commercial de l'accord d'association" jusqu'en 2017, et elle "a menacé de supprimer les préférences commerciales (russes) pour l'Ukraine" actuellement en vigueur, a ajouté le diplomate.

Malgré cette fin de non-recevoir, les Européens ne veulent "pas rompre le lien des discussions avec les Russes" sur ce sujet, a précisé le diplomate, alors que les 28 ont imposé de lourdes sanctions économiques contre Moscou en raison de son implication dans le conflit.

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