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07/05/2015 13:35 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

L'accord de libre-échange USA/UE vise à protéger les consommateurs (Pascal Lamy, ex-OMC)

L'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) Pascal Lamy a assuré jeudi que les consommateurs étaient au coeur des négociations commerciales entre les Etats-Unis et l'Europe, et que l'objectif était de renforcer les protections en les nivelant par le haut.

Invité à ouvrir le deuxième Symposium mondial des conseillers du commerce extérieur de la France organisé à Miami (Floride, sud-est des Etats-Unis), M. Lamy a assuré que 80% des négociations sur le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership, en français TAFTA) portaient sur l'harmonisation des normes de protection des consommateurs, et que seulement 20% correspondent à des négociations classiques de réduction d'entraves aux échanges comme les droits de douane.

Il a déploré que les responsables politiques ne soient pas parvenus jusqu'à présent à expliquer à leur opinion publique l'objectif d'harmonisation par le haut des normes de protection des consommateurs, ce qui a permis aux mouvements d'opposition de se développer.

Des centaines de manifestations ont ainsi été organisées dans le monde en avril, principalement en Europe, contre les accords de libre-échange, et notamment le TTIP. En Allemagne, 43% de la population pense que cet accord serait mauvais, selon un récent sondage.

Les dirigeants politiques "s'y sont jusqu'à présent très mal pris", a dit M. Lamy, "on croit que tout le monde en Europe va être obligé de manger du poulet au chlore, ou aux Etats-Unis du fromage pourri de bactéries".

"La solution, c'est de dire une bonne fois pour toutes que l'objectif c'est d'harmoniser la protection", en commençant par les sujets les moins épineux.

Il a cité l'exemple de l'automobile: "si c'est pour harmoniser les crash-tests de voitures pour que les voitures européennes n'aient pas des petits pare-chocs et les voitures américaines de gros pare-chocs, mais que tout le monde ait des pare-chocs moyens parce que ça fait beaucoup d'économies d'échelle, ce n'est pas trop compliqué".

"Donc il faut expliquer qu'il s'agit, petit à petit, de faire converger ces niveaux (de protection) parce que c'est bon pour tout le monde dès lors que ça se fait par le haut et non par le bas".

M. Lamy a cependant convenu que plusieurs sujets risquaient d'être plus difficiles que d'autres en raison d'un fossé culturel entre les Etats-Unis et l'Europe, citant la question des OGM (organismes génétiquement modifiés) ou de la protection des données privées.

chr/jld/elm