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07/05/2015 12:23 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Kenya: l'Unesco condamne l'assassinat d'un journaliste

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a appelé les autorités kényanes à faire toute la lumière sur le meurtre du journaliste John Kituyi, condamnant un "crime" qui "ne doit pas rester impuni" dans un communiqué jeudi.

Propriétaire et rédacteur en chef du Mirror Weekly, un hebdomadaire régional publié à Eldoret, dans l'ouest du pays, le journaliste de 63 ans avait été violemment agressé par des inconnus le 30 avril dernier, alors qu'il rentrait chez lui, selon la presse kényane. Transporté à l'hôpital, il est mort de ses blessures dans la nuit.

"Je condamne le meurtre de John Kituyi", a déclaré Mme Bokova, citée dans le communiqué. "Il est important que les autorités kényanes mènent une enquête approfondie sur ce crime (..) qui ne doit pas rester impuni", ajoute la directrice générale de l'Unesco.

Cet assassinat a également été condamné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Les agresseurs de John Kituyi "ne lui ont volé que son téléphone portable sans s'intéresser à son portefeuille, ce qui laisse à penser (...) que le journaliste était délibérément visé", a souligné RSF dans un communiqué.

Selon des proches du journaliste contactés par le CPJ, il aurait reçu plusieurs menaces en lien avec des reportages publiés dans son magazine.

"Il avait notamment publié un article relatant les interférences des autorités auprès des témoins du procès du vice-président William Ruto devant la Cour pénale internationale pour les violences post-électorales de 2007", explique le Comité.

"Depuis le début du procès devant la CPI, des témoins ont été tués et des journalistes contraints de se cacher ou de fuir" le Kenya, relève le CPJ.

La KCA (Kenya Correspondent Association), que John Kituyi avait contribué à fonder, a dénoncé une montée de "l'intolérance et de la répression" au Kenya, avec "un renforcement des menaces et des attaques contre les journalistes, frisant l'impunité".

Sur 180 pays, le Kenya est classé à la 100e place, dans le classement 2015 de la liberté de la presse établi par RSF.

mw/jpc