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07/05/2015 10:41 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Immigration francophone : le NPD et la FCFA fustigent les conservateurs

Les conservateurs sont encore « de mauvais élèves » en matière de protection de la dualité linguistique, selon le porte-parole de l'opposition officielle en la matière. Claude Gravel réagit ainsi au dépôt, jeudi, du rapport annuel 2014-2015 du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

Un texte de Jean-Sébastien Marier

Le député de Nickel Belt critique particulièrement la position du gouvernement face à l'immigration francophone à l'extérieur du Québec.

Dans son rapport, M. Fraser demande de nouveau au ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration de mettre de l'avant des dispositions concrètes pour encourager davantage d'immigrants francophones à s'installer à l'extérieur du Québec.

Le commissaire reconnaît que le gouvernement fédéral a déjà adopté des dispositions en ce sens, notamment en créant un Secrétariat des langues officielles au sein de Citoyenneté et Immigration Canada.

Un manque de ressources

Graham Fraser rappelle toutefois que, malgré ces avancées, les communautés francophones ont dû composer avec la perte de financement et de programmes d'aide, une situation à laquelle le député Gravel n'est pas étranger.

« Dans ma communauté, on avait une organisation qui s'occupait des émigrés francophones, qui était financée par le gouvernement et le financement a été coupé », relate-t-il. « Et maintenant, les francophones du nord de l'Ontario qui ont besoin d'aide sont obligés d'aller de 4 à 6 heures de chez eux pour avoir de l'aide. »

Par ailleurs, Claude Gravel rappelle que les recommandations énoncées ce matin par le commissaire aux langues officielles ne sont pas nouvelles. L'automne dernier, M. Fraser et son homologue ontarien, François Boileau, avaient présenté un rapport demandant au gouvernement de l'Ontario de tirer pleinement profit de l'immigration francophone.

Pas de surprise pour la FCFA

De son côté, la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) soutient que le rapport du Commissariat aux langues officielles est une preuve de plus du manque d'appui à l'immigration francophone de la part du gouvernement fédéral.

« La balle est clairement dans le camp du gouvernement fédéral », affirme dans un communiqué la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny. « On ne peut pas continuer à accueillir moins de 2 % d'immigrants francophones par année à l'extérieur du Québec comme on le fait depuis des années. »

En mars dernier, Mme Kenny s'était adressée au Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. Elle avait alors critiqué « l'absence totale de stratégie pour promouvoir les communautés francophones à l'étranger auprès des immigrants potentiels ».