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07/05/2015 13:17 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Grèce : Tsipras rencontre les mascottes de la crise

Alexis Tsipras et les femmes de ménage du ministère des Finances, mises à l'écart pour dégraisser la fonction publique puis devenues mascottes de la crise, ont échangé moult compliments réciproques lors de leur première rencontre jeudi dans les bureaux du Premier ministre grec.

Cette rencontre est l'ultime reconnaissance pour ces femmes d'âge mûr et généralement sans diplôme qui avaient progressivement gagné la sympathie de l'opinion publique avant que l'ex-opposition menée par le parti de la gauche radicale Syriza, aujourd'hui au pouvoir, n'en fasse des icônes de la résistance à l'austérité.

Elle intervient alors que le parlement a voté cette semaine un projet de loi ouvrant la voie à la réintégration, en vertu des engagements du gouvernement, de quelque 4.000 fonctionnaires dont le licenciement dans le cadre des politiques d'austérité était jugé arbitraire.

Parmi eux, environ 450 femmes de ménage chargées de l'entretien des administrations des finances dans toute la Grèce devraient être réembauchées, un peu moins de deux ans après avoir appris un jour de septembre 2013 leur "mise en disponibilité" immédiate.

Un petit nombre d'entre elles avaient alors commencé à manifester quotidiennement, dans l'indifférence, devant les bureaux du ministre des Finances, dans le centre d'Athènes, pour dire leur refus d'être les variables d'ajustement comptable des créanciers de la Grèce, Commission européenne et Fonds monétaire international (FMI).

Il y a un an, en mai 2014, elles avaient fini par installer un campement permanent au pied d'un des bâtiments du ministère, où les tentes se trouvent toujours.

Leur emblème : un poing levé dans un gant de ménage rouge que certaines, parmi la cinquantaine de participantes à la rencontre avec Alexis Tsipras, avaient amené avec elles dans les bureaux du chef du gouvernement.

"C'est nous qui devons vous remercier et pas l'inverse", a déclaré le Premier ministre, les félicitant d'avoir "donné l'exemple d'une lutte légitime".

Ces femmes de ménage désormais très demandées avaient déjà été longuement célébrées sur la chaîne du parlement lors de la journée de la femme, le 8 mars.

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