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07/05/2015 05:53 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Grèce: le procès des dirigeants du parti néonazi de nouveau suspendu

Le procès "historique" des dirigeants et députés du parti néonazi grec Aube dorée a de nouveau été suspendu jeudi jusqu'au 12 mai pour des raisons d'organisation qui empêchent les débats de démarrer, alors que les principaux accusés continuent de se défiler, selon une journaliste de l'AFP.

Le procès doit décider si Aube dorée, arrivé en troisième position aux élections législatives du 25 janvier avec 17 députés, s'apparente à une "organisation criminelle" qui a notamment multiplié les agressions contre les immigrés ces dernières années.

L'audience avait duré deux heures le jour de l'ouverture du procès, le 20 avril, avant d'être ajournée en raison d'un changement d'avocat de la défense. Elle n'a pas duré beaucoup plus longtemps à la reprise jeudi matin.

Le président du tribunal a de nouveau suspendu le procès jusqu'à mardi prochain pour prendre en compte une demande de déménagement des débats qui se tiennent actuellement devant un tribunal spécialement aménagé au sein de la prison de Korydallos, dans la banlieue d'Athènes.

Comme pour le premier jour du procès, le fondateur d'Aube Dorée, Nikos Michaloliakos, et les 12 autres députés du parti accusés, ont choisi de ne pas se présenter devant les juges mais de se faire représenter par leurs avocats.

Diriger une organisation criminelle est passible de vingt ans de prison. En cas de condamnation, se posera la question de la légalité et de l'avenir du parti.

La question d'un déménagement du procès, qui doit durer au moins un an, dans un lieu plus adapté à la tenue des débats entre 69 accusés, des dizaines d'avocats et de témoins a notamment été posée par les élus de la commune de Korydallos qui craignent des perturbations récurrentes de la vie locale en raison des mesures de sécurité prévues chaque jour d'audience.

Les établissements scolaires situés près de la prison étaient ainsi fermés jeudi matin. A l'extérieur de la prison s'est tenue une nouvelle manifestation du mouvement antiraciste pour demander "la condamnation des assassins néonazis".

Le président du tribunal a renvoyé la responsabilité d'un déplacement du procès au ministère de la Justice, lequel avait dit ces dernières semaines qu'un tel déménagement était du ressort des juges. Le tribunal a également évoqué un aménagement possible du calendrier des audiences, qui n'a pas encore été établi, suggérant des débats en dehors des heures scolaires, voire le week-end.

C'est le meurtre d'un jeune rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, poignardé en septembre 2013 près d'Athènes par un militant du parti néonazi qui avait déclenché l'offensive judiciaire contre Aube Dorée.

L'auteur présumé de cet homicide fait partie des accusés dans ce procès qui doit aussi juger la tentative de meurtre de quatre pêcheurs égyptiens en juin 2012, et l'attaque de syndicalistes communistes en septembre 2013.

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