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07/05/2015 19:32 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

GB: Victoire des conservateurs et triomphe en Ecosse des nationalistes

Le Premier ministre conservateur David Cameron paraissait en mesure d'effectuer un second mandat grâce à un score frisant la majorité absolue aux législatives britanniques jeudi, tandis que les nationalistes écossais du SNP réalisaient un raz-de-marée de nature à galvaniser leurs ardeurs indépendantistes, selon un sondage sortie des urnes.

"Si ces chiffres se confirment, il s'agira pour les conservateurs d'un résultat dépassant toutes les prévisions", a commenté Tony Travers, politologue à la London School of Economics (LSE).

David Cameron, 48 ans, pourrait prendre la tête d'un gouvernement minoritaire, avec le soutien au cas par cas d'autres partis, ou négocier une alliance plus formelle.

Il aurait également la voie libre pour organiser d'ici 2017 le référendum qu'il a promis sur le maintien ou pas du Royaume-Uni dans l'Union européenne. La perspective d'un "Brexit", pour "British exit", inquiète les partenaires de Londres.

La prudence était toutefois de mise dans l'attente des résultats définitifs vendredi dans la journée, en raison d'une marge d'erreur de plus ou moins 3% et surtout du fait que toutes les enquêtes d'opinion n'ont cessé depuis le début de l'année de prédire un coude à coude entre les conservateurs et les travaillistes de Ed Miliband.

Réalisé auprès de 22.000 électeurs par les principales chaînes de télévision, le sondage sortie des urnes donne 316 sièges aux Tories, contre 239 aux travaillistes, qui essuieraient ainsi une cuisante défaite.

Les nationalistes écossais du SNP rafleraient pour leur part 58 des 59 sièges de députés en jeu dans leur région. Ils multiplieraient ainsi par plus de neuf le nombre de leurs députés à la Chambre des Communes par rapport à 2010.

La chef de file du SNP Nicola Sturgeon a eu le triomphe modeste dans sa première réaction sur Twitter. Elle a douté que son parti ait pu remporter tous les sièges écossais sauf un.

Pendant toute la journée, de nombreux électeurs à Glasgow et Edimbourg ont exprimé leur volonté "de revanche", à savoir la tenue d'un référendum d'indépendance après un premier rendez-vous manqué avec l'histoire en septembre.

Le travailliste Ed Balls a évoqué une "nuit terrible en Ecosse" pour son parti, si ces chiffres se confirmaient. La région constituait un bastion traditionnel du Labour.

Les libéraux-démocrates, qui gouvernaient avec les conservateurs depuis cinq ans, voient le nombre de leurs députés s'effondrer de 56 dans la précédente législature à 10. "Leur existence en tant que parti est sérieusement menacée", a souligné Patrick Dunleavy, un autre politologue à la LSE. Selon lui, Nick Clegg, le chef de la formation de centre-gauche, vice-Premier ministre, "est fini".

Le parti populiste et europhobe Ukip, desservi par le mode de scrutin, conserve 2 sièges, en dépit de sondages qui le plaçaient à 14% des intentions de vote. Son dirigeant, Nigel Farage, était menacé à South Thanet. Il a annoncé qu'en cas d'échec "il tirerait le rideau".

- 'Pourquoi changer ?' -

A contrario, "David Cameron a sensiblement accru sa stature. Il est assuré de rester Premier ministre, même s'il n'a pas encore la majorité absolue", selon Patrick Dunleavy.

"Si ces résultats sont exacts, cela signifie que les conservateurs ont clairement gagné cette élection", a revendiqué Michael Gove, ministre de l'Education dans le gouvernement sortant et premier responsable Tory à s'exprimer sur le plateau de la BBC.

L'arithmétique électorale impose à un parti d'obtenir 326 sièges sur 650 pour gouverner seul.

Au cas où les résultats définitifs s'avéraient moins favorables, David Cameron devrait entamer rapidement des négociations, pour se trouver des alliés. Le DUP nord-irlandais et les lib-dem seraient des interlocuteurs privilégiés.

Ed Miliband, parti avec un fort handicap dû à sa médiocre cote de popularité, espérait, à l'issue d'une campagne plus dynamique que celle de son adversaire, ramener le Labour au pouvoir.

A contrario, David Cameron a été crédité d'un début de campagne en demi-teinte, peinant paradoxalement à traduire dans les intentions de vote des succès économiques à rendre jaloux la plupart des dirigeants européens.

Pour Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg, les résultats projetés "sont une bonne nouvelle pour les perspectives économiques britanniques".

"Pourquoi changer ? les conservateurs font du bon boulot pour l'économie !", a jubilé Grant, qui travaille à la City, au Draft House Seething, un pub en proie à l'effervescence.

Plus de 45 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans les 50.000 bureaux de vote ouverts dans des lieux parfois insolites, avec des urnes ouvertes dans des pubs, des écoles primaires, des églises, un autobus scolaire, une caravane, un moulin à vent, une maison de retraite et même un temple hindou, une piscine municipale et un funérarium.

Les premiers résultats définitifs étaient attendus dans la nuit. La tenue en parallèle d'élections locales dans tout le pays, sauf à Londres et en Écosse, ralentissait le dépouillement.

oaa-dh/plh

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