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06/05/2015 22:06 EDT | Actualisé 06/05/2016 01:12 EDT

GB: majorité, coalition, alliances: les scénarios de l'après-scrutin

Si aucun parti ne décroche une majorité claire aux législatives britanniques, conservateurs ou travaillistes devront nouer des alliances pour former un gouvernement, au terme de négociations pouvant durer jusqu'à plusieurs semaines.

La seule manière d'éviter l'attente est que l'un des deux grands partis remporte au moins la moitié des 650 sièges à la Chambre des Communes. Dans ce cas, très improbable, l'affaire est réglée: soit le Premier ministre conservateur David Cameron repart pour un nouveau mandat de cinq ans. Soit il démissionne et remet les clés du 10, Downing Street à son rival, le leader travailliste Ed Miliband.

Dans tous les autres cas de figure, Tories ou Labour devront conclure des accords avec d'autres partis pour obtenir la confiance du Parlement lors du traditionnel Discours de la reine, prévu le 27 mai, et être, in fine, en mesure de gouverner.

Les différents partis ouvriraient les négociations dès vendredi matin. Plusieurs combinaisons sont possibles, sachant que le parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges n'est pas forcément celui qui gagne au final.

Voici les quatre scénarios les plus probables:

1) Une coalition conservateurs - libéraux-démocrates

Les deux partis font déjà équipe depuis 2010. Une réédition de cette coalition est possible. Nick Clegg, le leader des Lib-Dems, a dit qu'il négocierait d'abord avec le parti arrivé en tête du scrutin. Dans les sondages, les conservateurs sont favoris pour remporter le plus grand nombre de sièges. Mais rien ne dit que même ensemble Tories et Lib-Dems atteignent le chiffre "magique" de 326 députés, c'est-à-dire la majorité. Au besoin, le DUP nord-irlandais, qui compte remporter au moins neuf sièges, pourrait venir "faire le nombre".

2) Un gouvernement de minorité conservateur

Si les Tories remportent suffisamment de sièges (au moins 290, calculent les experts), ils pourraient décider de former un gouvernement dit de minorité. Dans ce cas, ils gouverneraient seuls mais s'assureraient du soutien ponctuel d'autres partis pour faire voter leurs projets au Parlement. Les Lib-Dems et le DUP seraient là encore des partenaires privilégiés potentiels. Voire l'Ukip populiste et anti-UE.

3) Un gouvernement de minorité travailliste

Le Labour peut également s'orienter vers cette forme d'alliance plus souple mais aussi plus fragile. Même en terminant deuxième au nombre de sièges derrière les conservateurs, il pourrait doubler les Tories en s'assurant les voix du SNP écossais, qui devrait être vendredi la troisième force politique du pays. Le leader des travaillistes, Ed Miliband, a promis qu'il ne formerait aucune coalition formelle avec le SNP, plus à gauche et indépendantiste. Mais une alliance au cas par cas est possible si l'addition des députés du Labour et du SNP suffisent à constituer une majorité.

4) Une coalition travaillistes - libéraux-démocrates

A moins de renier leur promesse et de monter une coalition avec le SNP, les travaillistes pourraient se tourner vers les Lib-Dems pour former le gouvernement. Fusion du parti libéral et du parti démocratique social, la formation centriste est "Labour-compatible" et beaucoup de ses membres ont une sensibilité de gauche. Au besoin, la coalition pourrait être renforcée par les députés des Verts, le Plaid Cymru gallois ou encore le SDLP, un petit parti de gauche, pour constituer une alliance arc-en-ciel résolument anti-torie.

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