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07/05/2015 05:44 EDT | Actualisé 07/05/2015 05:45 EDT

Gala Les Olivier: Laurent Paquin égratignera ses collègues humoristes

PC

Laurent Paquin a animé 11 galas Juste pour rire, un record au festival du même nom, et a été l’hôte de la 16e Soirée des Jutra, en 2014, aux côtés de Pénélope McQuade, mais n’avait encore jamais été capitaine du Gala Les Olivier.

Son baptême aura lieu dimanche, alors qu’il pilotera la 17e édition de la grande fête de l’humour. Celle-ci sera retransmise à la télévision en direct du Studio 42 de Radio-Canada, à compter de 19h30. François Bellefeuille, Cathy Gauthier, Emmanuel Bilodeau, Valérie Blais et Mike Ward sont au nombre des favoris au tableau des finalistes.

Le leitmotiv de Laurent Paquin pour la cérémonie, qui a définitivement passé le cap de l’adolescence et peut ainsi se permettre un ton un peu plus rebelle? La franchise. Bon observateur, Laurent ne prévoit pas beaucoup taper sur nos politiciens, mais se promet en revanche d’égratigner joyeusement ses collègues humoristes, dans les limites du respect et du bon goût.

«Je vais garder mon côté sympathique et naïf, mais avec une petite touche de piquant, explique-t-il. Le gala va peut-être grafigner un petit peu plus que ce que je fais habituellement. Je m’en permets davantage, parce que je sais que je taquine des gens qui sont capables d’en prendre. Je considère qu’on a le droit de rire de ceux qui ont du succès.»

«Le ton caustique marche bien aux Olivier, poursuit Laurent. Les gens sont prêts et s’attendent à ça. Je peux rire de Sugar (Sammy), parce qu’il retourne quand même dans sa maison, chez sa mère, dans sa Porsche. C’est pour ça qu’il a les moyens d’avoir une Porsche… En fait, je ne sais même pas s’il a les moyens d’avoir une Porsche! (rires) Moi, j’aime taper sur les puissants, les gens qui ont du pouvoir, qui réussissent. Je trouve ça plus noble que de s’acharner sur ceux qui en arrachent.»

Celui dont la tournée L’ereure est humaine se continuera jusqu’au début 2016 compte bien révéler quelques secrets sur la confrérie des comiques québécois dans son monologue d’ouverture. Déboulonnera-t-il quelques mythes, fera-t-il tomber des masques?

«Est-ce qu’on est si fins que ça? Est-ce qu’on s’aime vraiment, toute la gang? Est-ce qu’on est vraiment contents quand on ne gagne pas…?», énumère-t-il en riant, en guise d’exemple.

Paquin sera épaulé d’une équipe chevronnée pour le spectacle des Olivier. Christian Viau, un vieux routier de Juste pour rire, assure la direction artistique, tandis que Nicolas Boucher (Juste pour rire, Les enfants de la télé, Et Dieu créa Laflaque, etc.) signera la script-édition, assisté de Stéphane Poirier et Louis Courchesne. Francis Gaulin a été nommé directeur musical.

Pas de trac

Un total de 13 statuettes représentant Olivier Guimond seront décernées dimanche, en plus de la récompense octroyée au «Comique malgré lui», donnée à un politicien qui a fait rire sans nécessairement le vouloir. Cette année, Gaétan Barrette (pour son imitation de la poule), David Heurtel (pour sa conférence presse «cabaret»), Pierre Karl Péladeau (pour son sens du spectacle), Jean Tremblay (pour l’ensemble de son œuvre) et François Paradis (qui, dit-on, agit à l’Assemblée nationale comme lorsqu’il était animateur), se disputent le très peu enviable titre. On peut encore voter pour élire notre «chouchou» ici.

Parmi les nouveautés dans les catégories, on a retiré celle du DVD d’humour de l’année, et celle de l’Émission de radio humoristique de l’année a été remplacée par Capsule ou sketch à la radio. Les représentants de l’industrie désigneront aussi le Public de l’année en choisissant une ville particulièrement chaleureuse envers les humoristes. Gatineau, Québec et Terrebonne sont les endroits en lice pour 2015.

Le récipiendaire du trophée de l’Olivier de l’année, attribué par vote populaire, se décidera le soir du gala, par un scrutin en ligne. Lise Dion, François Bellefeuille, Louis-José Houde, Cathy Gauthier, Sugar Sammy, Martin Matte et Les Morissette sont dans la course pour cette distinction ultime.

Laurent Paquin, qui dit avoir raté plusieurs premières de ses amis humoristes en raison de sa propre tournée, gère bien la nervosité qui accompagne généralement un mandat comme celui qui l’attend dimanche.

«Dans la vie en général, je n’ai à peu près jamais le trac, raconte-t-il. Je suis stressé si on me demande, par exemple, d’aller chanter une chanson à En direct de l’univers, parce que chanter, ce n’est pas mon métier. Mais, pour le gala, je ne pense pas avoir le trac. Je pense être un bon animateur, parce que j’aime le glamour, le côté grandiose, présenter des gens, crier le nom d’un invité, mettre d’autres personnes en valeur. Ça me plait.»

L’homme essaie également d’appliquer cette sereine philosophie aux critiques, qui ne viennent plus seulement, maintenant, des journalistes et des chroniqueurs, mais aussi des commentaires sur les réseaux sociaux.

«Je travaille tranquillement à m’en foutre un peu, admet Laurent. Un jour, tu réalises que, même quand tu fais tout gentiment, en essayant de ne déplaire à personne, il y a quand même quelqu’un qui ne t’aime pas la face! Ça ne sert à rien de se fendre en quatre pour plaire à tout le monde. Je prends pour acquis que, nécessairement, des gens ne seront pas contents, parce que, peu importe qui anime, ce sera le cas.»

«À moins que ça soit Jésus en personne qui vienne animer le Gala les Olivier… et, même là, quelques athées diraient que ce n’est pas correct! (rires) Alors, c’est impossible de plaire à tout le monde», termine Laurent, avec bonne humeur.

Le 17e Gala les Olivier, dimanche, le 10 mai, à 19h30, à Radio-Canada, et en simultané au www.ici.radio-canada.ca/olivier. L’événement est une coproduction de l’Association des professionnels de l’industrie de l’humour (APIH) et de Radio-Canada.

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