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07/05/2015 14:34 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Fraude fiscale: le marchand d'art Guy Wildenstein sera jugé en France

Le marchand d'art Guy Wildenstein, soupçonné d'avoir dissimulé au fisc une partie de la colossale succession de son père Daniel, décédé en 2001, va être jugé en France, ont annoncé jeudi à l'AFP des sources judiciaire et proche du dossier.

La fortune des Wildenstein, marchands d'art mondialement connus, est estimée à plusieurs milliards d'euros, composée en grande partie d'oeuvres d'art, notamment des toiles de maître, et de biens immobiliers, comme un îlot aux Iles Vierges ou une immense propriété au Kenya où a été tourné le film "Out of Africa".

Née d'un conflit familial, l'affaire avait connu à ses débuts un retentissement politique, Guy Wildenstein ayant été membre d'un groupe de riches donateurs du parti de droite UMP, de l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Décoré en 2009 de la Légion d'Honneur par M. Sarkozy, il a été le représentant UMP de la circonscription de Washington au sein de l'Assemblée des Français de l'étranger.

Guy Wildenstein sera jugé pour fraude fiscale et blanchiment aggravé, a indiqué une source judiciaire. Sa belle-soeur Liouba comparaîtra pour complicité de blanchiment aggravé et son neveu Alec Junior pour fraude fiscale, a précisé la source judiciaire.

Deux trusts installés dans des paradis fiscaux, la Royal Bank of Canada Trust Company (Bahamas) et la Northern Trust Fiduciary Services (Guernesey), seront également jugés pour leur participation à l'élaboration de la fraude fiscale présumée, tout comme trois conseillers de la famille, deux notaires et un avocat suisse.

Selon une source proche du dossier, les enquêteurs considèrent Guy Wildenstein, qui réside aux Etats-Unis, comme "l'argentier" de la famille. Sollicité jeudi par l'AFP, son avocat s'est refusé à tout commentaire.

Après la mort de Daniel Wildenstein, sa seconde épouse, Sylvia Roth-Wildenstein, s'estimant flouée par ses beaux-fils, avait contesté la succession, déposant plusieurs plaintes et évoquant l'existence de trusts. Elle est à son tour décédée en 2010. Mais le ministère français du Budget avait déposé plainte en juillet 2011, après des critiques du parti socialiste, alors dans l'opposition, qui dénonçait son attentisme.

Signe de l'ampleur des faits reprochés, les Wildenstein se sont vu notifier en 2012, parallèlement à la procédure pénale, un redressement fiscal colossal de près de 600 millions d'euros, dont 250 millions pour Guy, redressement qu'il conteste.

Les enquêteurs soupçonnent que "les sommes soustraites à l'impôt ont été réintroduites sur le territoire français au moyen de montages sophistiqués, pour assurer un train de vie confortable aux héritiers qui n'ont déclaré que des faibles montants à l'administration fiscale française", selon une source proche du dossier.

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BANQUE ROYALE DU CANADA

NORTHERN TRUST