NOUVELLES
07/05/2015 11:06 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Douze jours de contestation au Burundi

Rappel des dates-clés de la contestation au Burundi, secoué depuis le 26 avril par des manifestations d'opposants à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, émaillées de heurts meurtriers.

Elu une première fois par le Parlement en 2005, dans le cadre d'un mécanisme de sortie de la guerre civile (1993-2006) prévu par les accords d'Arusha (2000), il l'a été une deuxième fois au suffrage universel en 2010.

- NKURUNZIZA CANDIDAT A UN 3E MANDAT -

Le 25 avril, Nkurunziza est désigné par son parti, le Cndd-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie), candidat à la présidentielle du 26 juin. L'opposition appelle à des manifestations "pacifiques" afin de contrer ce qu'elle qualifie de "coup d'Etat". Le gouvernement a multiplié les mises en garde contre toute tentative de "soulèvement" et interdit les manifestations.

- DEBUT DES MANIFESTATIONS A BUJUMBURA - PREMIERS MORTS -

Dès le lendemain, alors que les forces de sécurité sont déployées en masse, des milliers de manifestants se réunissent, bravant l'interdiction du gouvernement. Trois personnes sont tuées dans des affrontements entre manifestants et policiers --deux sur le coup, une des suites de ses blessures--, selon la Croix-Rouge. Deux autres sont ensuite tuées dans des descentes nocturnes réalisées, selon des témoins, par des jeunes du parti présidentiel dans le quartier de Cibitoke, dans le nord de la capitale.

- DES CHEFS DE LA SOCIETE CIVILE TRAQUES - UNE RADIO COUPEE -

Le 27 avril, le chef de la principale organisation burundaise des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, est arrêté (il sera détenu pendant trente heures), et un mandat d'arrêt est émis contre le principal organisateur, au sein de la société civile, de la campagne anti-Nkurunziza, Vital Nshimirimana, passé dans la clandestinité. Les autorités ferment la très populaire radio indépendante RPA, accusée de relayer les appels à descendre dans la rue, avant de couper partiellement deux jours plus tard l'accès aux réseaux sociaux à Bujumbura.

- LES AUTORITES DENONCENT UNE "ENTREPRISE TERRORISTE" -

Le 2 mai, le ministre de la Sécurité publique Gabriel Nizigama dénonce "une entreprise terroriste" et promet de durcir la répression, au lendemain d'attaques à la grenade ayant tué deux policiers à Bujumbura. Le ministre de la Défense, le général Pontien Gaciyubwenge, affirme quant à lui la neutralité de l'armée et demande que cessent "les atteintes aux droits" constitutionnels des Burundais. Mais le lendemain, le chef d'état-major garantit la loyauté de l'armée aux institutions et aux autorités du pays.

- LA COUR CONSTITUTIONNELLE VALIDE LA CANDIDATURE DE NKURUNZIZA -

Le 5 mai, la Cour constitutionnelle valide, sans surprise, la candidature controversée de Nkurunziza. L'arrêt est signé par six de ses sept juges de la Cour, son vice-président ayant préféré fuir au Rwanda voisin plutôt que de cautionner une décision arrachée, selon lui, sous "d'énormes pressions" et des "menaces de mort".

- NKURUNZIZA REAFFIRME QU'IL BRIGUE UN 3E MANDAT -

Le 6 mai, malgré des pressions croissantes --appel du principal opposant Agathon Rwasa à un report des élections, annonce d'un sommet régional le 13 mai à Dar es-Salaam--, le président Nkurunziza réaffirme qu'il briguera un troisième mandat.

Une figure du mouvement d'opposition, Audifax Ndabitoreye, est brièvement arrêtée pour "insurrection" devant journalistes, délégations et ministres à Bujumbura.

- NOUVEAUX HEURTS MEURTRIERS - PREMIER DECES HORS BUJUMBURA -

Le 7 mai, l'Union africaine estime que la situation n'est "pas propice" à des élections, au 12e jour de manifestations. Quatre personnes sont tuées, dont une dans la commune de Gisozi, à quelque 80 km au sud-est de Bujumbura, premier décès enregistré hors de la capitale. Au total, 18 personnes sont mortes dans les violences.

acm/aud/tmo